Nouvelle tentative de coup d’État en Afrique.. Le Burkina Faso sur le qui-vive
Le site « Lectures Africaines » a révélé cette semaine une nouvelle tension sécuritaire au Burkina Faso, plus précisément dans les villes de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, en raison de craintes d’une tentative de coup d’État.
Le site a précisé que les autorités ont placé plusieurs casernes militaires à Ouagadougou en état d’alerte maximale, dans ce que des sources sécuritaires ont décrit comme une situation tendue, sans fournir plus de détails.
Dans un développement notable, un renforcement sécuritaire intensif a été observé dimanche dernier devant le camp militaire Baba Si.
Des médias internationaux ont également rapporté que plusieurs suspects ont été arrêtés, et ont évoqué l’implication de l’ancien président de transition, le commandant Paul-Henri Sandaogo Damiba, dans une tentative de coup d’État depuis l’étranger, notamment depuis le Togo, où il réside depuis sa destitution en septembre 2022.
Les rues de Ouagadougou ont vu des centaines de citoyens manifester, dénonçant ce qu’ils considéraient comme une menace pour la stabilité du régime de transition, après des appels à la mobilisation de groupes civiques favorables au pouvoir militaire.
Cette tension survient après une campagne d’arrestations de plusieurs officiers de l’armée en avril 2025, où deux officiers ont été relevés de leurs fonctions à la tête de certaines unités.
Radio France Internationale a rapporté l’arrestation de Frédéric Wédraogo, juge militaire et ancien commandant du bataillon de la justice militaire.
Parmi les détenus figure également Élisée Tasmbdou, surnommé « Libérateur Ceba », arrêté alors qu’il se trouvait à Ouagadougou pour assister à une réunion militaire de haut niveau dont le contenu n’a pas été divulgué.
Coups d’État en Afrique
Le continent africain a connu ces dernières années une série de coups d’État militaires qui ont modifié la gouvernance dans plusieurs pays.
Au Mali, cinq officiers militaires ont renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta en août 2020.
Un an plus tard, en mai 2021, l’armée malienne a pris le pouvoir de la gouvernance civile provisoire, avec le colonel Assimi Goïta, qui avait dirigé les deux coups, prêtant serment en tant que président de transition.
En Guinée, des forces rebelles dirigées par le commandant Mamadi Doumbouya ont pris le pouvoir le 5 septembre 2021, arrêtant le président Alpha Condé après son renversement.
Au Soudan, après des semaines de tensions entre militaires et civils partageant le pouvoir suite à la destitution du président Omar el-Béchir, les forces armées dirigées par le chef de l’armée Abdel Fattah al-Burhan ont mené un nouveau coup d’État le 25 octobre 2021.
Au Burkina Faso, deux coups d’État militaires ont eu lieu en 2022. Le commandant Paul-Henri Sandaogo Damiba, en janvier 2022, a dirigé un groupe de soldats rebelles pour arrêter le président Roch Marc Christian Kaboré.
Au Niger, le 26 juillet 2023, des membres de la garde présidentielle ont renversé le président Mohamed Bazoum, élu en 2021, et le général Abdourahmane Tiani a pris la tête du pays.
Au Gabon, sous la famille Bongo depuis 55 ans, des officiers ont pris le pouvoir le 30 août 2023, après que Ali Bongo Ondimba ait été déclaré vainqueur d’élections présidentielles jugées truquées par l’opposition. Le général Brice Oligui Nguema a été nommé président de transition.
À Madagascar, l’armée a renversé le président Andry Rajoelina en octobre 2025, après des semaines de manifestations anti-gouvernementales. Le colonel Mickael Randrianarivelo a prêté serment comme nouveau président, promettant d’organiser des élections dans 18 à 24 mois.