Paris cherche à reprendre la coordination sécuritaire avec l’Algérie
Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a nié que le départ de Bruno Retailleau du gouvernement soit la cause de la libération de Boualem Sansal, indiquant que ce qui a permis la reprise des relations avec l’Algérie est la volonté déclarée au sein du gouvernement de relancer le dialogue, qu’il a adoptée dès son arrivée au ministère.
Dans un entretien accordé au journal *La Tribune du Dimanche*, Laurent Nuñez a affirmé qu’il porte un projet de reprise des discussions puis de coopération, dans le cadre de la renégociation de l’accord de 1968.
Nuñez n’a pas exclu que ses relations personnelles avec l’Algérie aient joué un rôle dans le changement de la position algérienne, déclarant : « J’ai des origines *pieds-noirs*, et je pense être apprécié en Algérie, un pays avec lequel j’ai toujours beaucoup travaillé, que ce soit lorsque j’étais à la tête de la Direction générale de la sécurité intérieure ou coordinateur du renseignement. »
Il a poursuivi : « Ma nomination y a été accueillie positivement… La main a été tendue et elle a été saisie. Maintenant, il faut faire preuve de prudence et suivre une approche fondée sur le calme, le respect et l’exigence, sans complaisance ni naïveté. »
Revenant sur la question de la libération de Boualem Sansal, le ministre français de l’Intérieur a affirmé que Paris a joué un rôle déterminant dans la libération de l’écrivain, tandis que l’Allemagne était un partenaire de confiance.
Nuñez estime que la libération de Sansal est un geste humanitaire et un geste d’apaisement, très encourageant pour la réouverture du dialogue, notamment dans les domaines de la coopération en matière de sécurité, de lutte contre le terrorisme, de criminalité organisée, de renseignement et de questions migratoires.
Il a ajouté : « Nous avons besoin de rouvrir les canaux de sécurité avec l’Algérie, qui est un acteur majeur dans la lutte contre le terrorisme en particulier. »
Nuñez a confirmé que les canaux de dialogue sécuritaire entre la Direction générale de la sécurité intérieure, la Direction générale de la police nationale et la Direction générale de la gendarmerie nationale des deux pays sont fermés et qu’il n’y a aucun échange opérationnel, estimant que cela constitue un problème majeur.
Par ailleurs, le ministre français de l’Intérieur a indiqué qu’il pourrait se rendre en Algérie en décembre prochain, en réponse à l’invitation de son homologue algérien.