Entre appréciation et réserve : réactions des partis à la modification technique de la Constitution
Une conférence nationale a été organisée hier, samedi, autour des projets de modification technique de la Constitution et de la loi organique relative au régime électoral.
La conférence, supervisée par le Premier ministre Saïfi Gharib et le directeur de cabinet de la Présidence de la République, Boualem Boualem, en présence de plusieurs membres du gouvernement et de responsables de partis politiques, a également vu la participation du président par intérim de l’Autorité nationale indépendante des élections.
Le directeur de cabinet de la Présidence de la République a présenté un exposé comprenant dix propositions techniques visant à moderniser la Constitution algérienne.
« Une vision réaliste pour la préservation de la Constitution »
Le Mouvement El-Binaa El-Watani a salué cette rencontre, estimant qu’elle reflète le sérieux du Président de la République dans l’association des acteurs politiques et des instances de contrôle indépendantes à l’élaboration des lois fondamentales régissant la vie politique, en vue de consacrer la transparence, de renforcer la démocratie et de garantir l’intégrité du processus électoral.
Le mouvement a considéré que les propositions du projet de « modifications techniques de la Constitution » s’inscrivent dans une vision réaliste de la préservation de la Constitution et du traitement de certaines questions procédurales garantissant la fluidité du fonctionnement des institutions de l’État et leur continuité, sans porter atteinte aux grandes questions et aux principes fondamentaux dont les dispositions de l’article 221 de la Constitution imposent le respect.
Le même parti estime que cette conférence constitue la plus grande réponse pratique aux « porte-voix médiatiques » qui tentent ces derniers jours de ternir l’image de l’Algérie en mettant en doute sa volonté de s’attacher à l’option démocratique.
« Réserve sur l’exclusion »
Le parti du Front de la Lutte Nationale a annoncé ses réserves quant à ce qu’il a qualifié d’« exclusion » constatée lors de la conférence sur la modification technique de la Constitution.
Dans un communiqué, le parti a indiqué être préoccupé par la manière dont a été organisée la conférence relative aux projets de modification technique de la Constitution et de la loi organique relative au régime électoral, estimant qu’une approche « sélective » a été adoptée dans l’envoi des invitations, ayant conduit à l’« exclusion » de partis politiques agréés, dont le Front de la Lutte Nationale, sans explication ni justification objective.
Le Front de la Lutte Nationale a souligné que les réformes constitutionnelles et électorales relèvent des questions nationales fédératrices qui nécessitent une large et inclusive concertation, et que restreindre le débat à un cercle étroit n’est pas conforme à l’esprit du pluralisme politique ni aux exigences d’une pratique démocratique saine.
« Des amendements logiques »
Le secrétaire général du Rassemblement National Démocratique, Monder Bouden, a déclaré que les modifications techniques apportées à la Constitution étaient, dans l’ensemble, logiques et résultaient de la correction de certaines lacunes relevées dans le cadre de la Constitution de 2020.
Dans des déclarations à la presse en marge de la conférence, Monder Bouden a salué cette démarche ainsi que ce qu’il a qualifié de courage de l’État pour traiter ces insuffisances.
« Un dialogue franc »
Le président du Front de Libération Nationale, Abdelkrim Ben Mbarek, a affirmé que la conférence avait comporté un dialogue franc entre Algériens et entre partis.
Dans des déclarations en marge de l’événement, Abdelkrim Ben Mbarek a révélé que les partis participants, y compris le FLN, avaient présenté plusieurs propositions.
L’intervenant a souligné que les amendements proposés ne portent pas atteinte au cœur ni à l’essence de la Constitution, mais qu’il s’agit de modifications techniques.