Yasmina Khadra appelle le président Tebboune à libérer Boualem Sansal
L’écrivain algérien Yasmina Khadra a révélé avoir profité de sa dernière rencontre avec le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour évoquer le cas de l’écrivain Boualem Sansal, détenu depuis plus de 200 jours et condamné en mars dernier à cinq ans de prison.
Dans une déclaration à l’Agence France-Presse (AFP), Khadra a expliqué avoir rencontré le président Tebboune la semaine dernière à Alger.
« Nous avons abordé plusieurs sujets, et j’ai saisi l’occasion pour évoquer le dossier de Boualem Sansal. J’ai insisté sur la nécessité de le libérer dans les plus brefs délais », a-t-il déclaré.
L’écrivain, de son vrai nom Mohamed Moulessehoul, a ajouté : « Tout ce que je voulais, c’était tenter de convaincre le président de permettre à Sansal de retrouver sa liberté. Il m’a écouté avec attention, et j’ai simplement agi selon ma conscience d’écrivain et d’intellectuel. »
Il a poursuivi : « S’il existe une chance, même infime, nous devons la saisir. D’autant plus que Boualem Sansal est malade, atteint d’un cancer, et que sa situation sanitaire ne peut être ignorée. »
Boualem Sansal, écrivain franco-algérien, a été condamné le 27 mars 2025 à cinq ans de prison en raison de propos tenus lors d’un entretien avec un média français en octobre 2024, où il avait affirmé que « l’Algérie avait hérité de terres marocaines pendant la colonisation française ».
L’audience en appel est prévue pour le 24 juin prochain.
Cette affaire intervient dans un climat de tension diplomatique entre Alger et Paris. La France demande un « geste humanitaire » envers Sansal en raison de son état de santé, tandis que les autorités algériennes soulignent que la justice a agi de manière indépendante.