Voile au travail : une entreprise française déclenche une vive polémique

Voile au travail : une entreprise française déclenche une vive polémique

Une enquête d’investigation a révélé le licenciement d’employées voilées au sein de l’entreprise Elior, filiale du groupe français Derichebourg, après plusieurs années de travail durant lesquelles leur apparence n’avait suscité aucune objection.

L’enquête, publiée par le site français Mediapart, rapporte des témoignages de salariées recrutées alors qu’elles portaient le voile, avant d’être confrontées, début 2026, à un changement soudain de la politique de l’entreprise.

Selon ces témoignages, certaines employées se sont retrouvées face à un choix difficile : retirer leur voile ou être licenciées pour « faute grave ».

Cette décision intervient alors même que l’entreprise utilise, dans ses campagnes promotionnelles, des images d’employées voilées pour mettre en avant son programme « Talents féminins », censé, selon elle, aider les femmes à accéder à des postes à responsabilité, ajoute l’enquête.

L’enquête indique également que ces cas ne sont pas isolés, mais se sont répétés selon un schéma similaire. Aïssata, l’une des victimes, explique avoir été convoquée au bureau de la directrice des ressources humaines, où elle a reçu une notification officielle stipulant que le port de signes religieux visibles est interdit pendant l’exercice des fonctions professionnelles.

Elle précise avoir été recrutée avec son voile sans que cela ne pose problème au départ, avant de se voir accorder un délai de huit jours pour l’enlever ou quitter son emploi.

Une autre employée a également affirmé avoir été embauchée avec son voile sans difficulté, tandis qu’une troisième victime assure que la direction lui avait déclaré lors de son recrutement : « Nous sommes en 2025, venez comme vous êtes », en contradiction manifeste avec les mesures prises par la suite.

Selon l’enquête, cette décision fait suite à une modification du règlement intérieur du groupe Elior, intervenue le 2 avril dernier, juste avant le lancement des procédures de licenciement. De nouvelles dispositions imposant le principe de neutralité sur les lieux de travail y auraient été introduites.

De son côté, la direction de l’entreprise affirme qu’il ne s’agit pas d’une politique générale, mais de mesures individuelles visant les employés ayant refusé de se conformer aux règles.

Elle précise que ces changements s’inscrivent dans une démarche d’harmonisation des règlements internes, notamment sur les sites liés aux services publics tels que les écoles et les hôpitaux.

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