Visite de Darmanin en Algérie : Bruno Retailleau dénonce une « naïveté incroyable »
L’ancien ministre de l’Intérieur français et candidat potentiel à la prochaine élection présidentielle, Bruno Retailleau, continue d’adopter un ton de plus en plus ferme à l’égard de l’Algérie, dans un contexte marqué par une reprise progressive du dialogue entre les deux pays et la relance des mécanismes de coopération bilatérale.
Dans une réaction à la visite du ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, en Algérie, Bruno Retailleau a reproché au gouvernement français ce qu’il qualifie d’« incroyable naïveté » dans sa gestion des relations avec Alger, estimant que cette approche ne sert pas les intérêts de la France.
Ses propos s’appuient sur des données chiffrées qu’il juge significatives. Il affirme qu’environ 40 % des étrangers placés dans les centres de rétention administrative (CRA) sont de nationalité algérienne. Il ajoute également que 51000 ressortissants algériens en situation irrégulière auraient été interpellés en France l’an dernier, tandis que seulement 150 personnes auraient été expulsées depuis le début de l’année, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.
Bruno Retailleau estime que la « diplomatie de bonne volonté » n’a pas produit de résultats tangibles et aurait, au contraire, contribué à aggraver la crise. Il considère que la politique menée par le président Emmanuel Macron au cours de la dernière décennie a conduit à une relation qualifiée de « toxique » avec l’Algérie, marquée selon lui par un excès de repentir historique et une forme de retenue politique.
Dans le même registre, il accuse la partie algérienne de ne pas respecter ses engagements en matière migratoire, évoquant également des gestes symboliques qu’il juge provocateurs, tels que l’ajout d’un passage à caractère anti-français dans l’hymne national.
Retailleau insiste néanmoins sur la nécessité d’un dialogue entre Alger et Paris, tout en estimant qu’il ne peut être efficace sans un respect mutuel. Selon lui, il appartient à l’État français de faire respecter ses positions et de protéger les intérêts de ses citoyens.
Selon plusieurs observateurs et responsables français, Bruno Retailleau aurait contribué à l’escalade des tensions entre Alger et Paris.
La chaîne BFMTV a indiqué dans un précédent reportage que Retailleau aurait exploité le dossier algérien pour intervenir sur des questions relevant normalement de la diplomatie, domaine qui incombe au ministère des Affaires étrangères.
Ces critiques interviennent alors que la ministre française Alice Rovo a affirmé que la visite du ministre de l’Intérieur en Algérie a permis de relancer le processus de délivrance des laissez-passer consulaires.