Visite d’Arkab au Niger : le gazoduc transsaharien au cœur des discussions
Les relations algéro-nigériennes traversent une phase délicate, qui se répercute sur plusieurs dossiers de coopération, notamment les projets énergétiques à dimension stratégique, conférant aux déplacements officiels une portée allant au-delà des simples visites protocolaires.
Dans ce contexte, le ministre d’État, ministre de l’Énergie, des Mines et des Énergies renouvelables, Mohamed Arkab, effectue ce lundi une visite de travail en République du Niger, consacrée au suivi des dossiers énergétiques communs, en particulier les activités du groupe Sonatrach et le projet du gazoduc transsaharien.
Selon un communiqué du ministère de l’Énergie, cette visite vise à prendre connaissance des dernières évolutions des activités de Sonatrach au Niger, notamment en matière de recherche et d’exploration au niveau du champ pétrolier du bloc de Kafra, situé au nord du pays.
Le ministre, accompagné de la délégation officielle, tiendra des rencontres avec des responsables nigériens afin d’examiner l’état d’avancement du projet stratégique du gazoduc transsaharien (TSGP), tout en explorant les moyens de renforcer la coordination et la concertation entre les différentes parties concernées.
Mohamed Arkab est accompagné lors de cette visite par le président-directeur général du groupe Sonatrach, Nourredine Daoudi, le directeur général de Sonatrach International Holding (SIPEX), Bouarara Cherif, ainsi que plusieurs cadres du ministère.
Les relations entre l’Algérie et le Niger connaissent une période de refroidissement sans toutefois atteindre le stade de la rupture, malgré le rappel mutuel des ambassadeurs au cours des derniers mois.
L’Algérie avait rappelé son ambassadeur à Niamey en avril dernier pour consultations, en réponse à une démarche similaire des autorités nigériennes, à la suite de l’incident lié à l’abattage d’un drone malien ayant pénétré l’espace aérien algérien dans la région de Tin Zaouatine.
Les origines de cette tension sont liées à l’implication du Niger et du Burkina Faso dans cette affaire, ainsi qu’à la publication d’un communiqué conjoint par ce qui est appelé l’Alliance des États du Sahel, contenant des accusations jugées infondées à l’encontre de l’Algérie.
Le gazoduc transsaharien
L’Algérie propose un projet visant à acheminer le gaz nigérian vers le continent européen à travers le gazoduc transsaharien, reliant le Nigeria à l’Algérie via le Niger, avant son exportation vers les marchés européens.
Sur le plan des accords, l’Algérie, le Nigeria et le Niger ont signé, en février dernier à Alger, plusieurs accords destinés à accélérer la réalisation du projet TSGP.
Ces accords portent notamment sur la mise à jour de l’étude de faisabilité, un accord d’indemnisation, ainsi qu’un accord de confidentialité (NDA) entre les compagnies énergétiques des trois pays.
Le ministre d’État, Mohamed Arkab, estime que le projet du gazoduc transsaharien, long de plus de 4 000 kilomètres, contribuera à renforcer la position du continent africain sur le marché énergétique mondial et à soutenir la coopération régionale et internationale dans un secteur stratégique de première importance.
De son côté, le ministre d’État nigérian des Ressources pétrolières, Ekperikpe Ekpo, avait réaffirmé en octobre dernier l’engagement de son pays à concrétiser ce projet stratégique.
Cette déclaration a été faite lors de discussions avec le ministre d’État algérien de l’Énergie, Mohamed Arkab, à Doha, en marge de la réunion du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF).