Une source française révèle les coulisses de négociations secrètes ayant conduit à la libération de Boualem Sansal
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a accédé à la demande de son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier concernant la libération de l’écrivain algérien-français Boualem Sansal, condamné par la justice algérienne pour atteinte à l’unité nationale.
Le magazine français Le Point, proche de l’Élysée, a révélé les détails de négociations diplomatiques secrètes et complexes ayant abouti à la libération de l’écrivain.
Selon Le Point, la démarche du président allemand a été précédée par de longs mois de tractations. Le rapport indique que la France avait d’abord tenté, sans succès, d’obtenir la libération de Sansal par la voie directe.
Paris aurait ensuite sollicité Rome pour jouer les médiateurs auprès d’Alger, mais le président Tebboune aurait refusé la proposition italienne. Ce n’est qu’après cet échec que la diplomatie française se serait tournée vers Berlin, selon la même source.
Toujours d’après Le Point, le président allemand est parvenu, grâce à une diplomatie « silencieuse et continue » amorcée au début de l’année et impliquant diplomates, services de renseignement et responsables des deux pays, à obtenir une mesure de grâce en faveur de Boualem Sansal.
L’Algérie avait déjà rejeté une demande similaire formulée par le président français Emmanuel Macron, qui plaidait la clémence en raison de l’âge et de l’état de santé de l’écrivain.
Par ailleurs, plusieurs observateurs estiment que la libération de celui que Paris considère comme l’un de ses protégés pourrait marquer une étape vers un réchauffement des relations bilatérales.
Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nunez, a d’ailleurs révélé jeudi la forte probabilité d’une prochaine visite en Algérie.
De son côté, Emmanuel Macron a remercié le président Tebboune pour la grâce accordée à Boualem Sansal et a réaffirmé sa volonté de poursuivre le dialogue avec Alger sur l’ensemble des questions d’intérêt commun entre les deux pays.