Une délégation des Taliban au Sahel : rumeur dangereuse ou véritable menace ?
La région du Sahel s’est transformée, en raison des coups d’État et des politiques dictatoriales des nouveaux putschistes, en un champ de bataille pour des puissances étrangères.
La tension sécuritaire et politique au Mali, au Niger et au Burkina Faso a favorisé la propagation de nombreuses informations trompeuses et de rumeurs, qui jettent souvent une ombre sur l’Algérie.
Une délégation talibane au Sahel ?
Des activistes de la région du Sahel ont diffusé des photos montrant le « président » du Burkina Faso, Ibrahim Traoré, accueillant une délégation du mouvement « Taliban ».
Ces activistes affirment que ce rapprochement vise à une médiation entre Traoré et ce qu’on appelle le groupe terroriste « Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin ».
Quelle est la vérité ?
Le ministère burkinabè des Affaires étrangères a démenti les informations circulant au sujet de l’arrivée à Ouagadougou d’une délégation du gouvernement afghan « Taliban », conduite par un certain Faisal Tajik.
Le ministère a affirmé que ces informations sont totalement fausses et dénuées de tout fondement.
Il a également précisé n’avoir reçu aucune délégation représentant les autorités afghanes, et qu’aucune rencontre, de quelque nature que ce soit, n’a eu lieu avec des représentants de ce pays.
Le ministère a en outre condamné fermement la diffusion de ces informations qu’il juge non fiables, estimant qu’elles induisent l’opinion publique en erreur et nuisent à l’image du Burkina Faso ainsi qu’au travail diplomatique qu’il mène.
La même source a promis de réagir, affirmant qu’elle se réserve le droit de prendre toutes les mesures appropriées contre ceux qui diffusent sciemment de fausses publications portant atteinte aux intérêts de l’État burkinabè.
Contexte général
Ces informations invérifiables apparaissent au moment où les groupes terroristes, en tête desquels se trouve le mouvement terroriste dit « Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin », renforcent leur influence au Burkina Faso, au Mali et au Niger.
Les gouvernements issus des coups d’État dans ces trois pays font face à cette expansion dans une incapacité totale, ayant perdu le contrôle de nombreuses régions, tandis qu’un blocus complet est imposé à la capitale malienne, Bamako.