Un fondateur présumé de la DZ Mafia arrêté en Algérie à la demande de la justice française

Un fondateur présumé de la DZ Mafia arrêté en Algérie à la demande de la justice française

Les autorités algériennes ont interpellé l’un des principaux suspects liés à l’organisation criminelle DZ Mafia, dans une opération saluée par Paris comme une avancée importante de la coopération judiciaire entre les deux pays dans la lutte contre le crime organisé et le trafic de stupéfiants.

Selon plusieurs médias citant des sources judiciaires françaises, Mehdi Laribi, présenté comme l’un des fondateurs présumés de ce réseau criminel actif à Marseille et dans le sud-est de la France, a été arrêté en Algérie à la fin du mois de juillet avant d’être placé sous contrôle judiciaire.

Cette évolution intervient quelques mois après la visite en Algérie du ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, qui avait abordé avec les autorités algériennes les dossiers de coopération judiciaire et de lutte contre la criminalité organisée, lors d’une rencontre avec le président Abdelmadjid Tebboune.

Franco-algérien originaire de Marseille, considérée comme le principal bastion de la DZ Mafia, Mehdi Laribi faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international délivré par la justice française dans le cadre d’une vaste enquête visant les dirigeants présumés de l’organisation.

Sur le réseau social X, Gérald Darmanin a déclaré : « Une cible prioritaire de la justice française dans la lutte contre le trafic de drogue et la criminalité organisée a été interpellée en Algérie. Je remercie les autorités algériennes pour cette avancée. »

Il a ajouté : « Je remercie les autorités algériennes pour cette coopération avec le Parquet national anti-criminalité organisée et le parquet de Marseille. »

Fin de plusieurs années de cavale

Mehdi Laribi était recherché depuis plusieurs années. Les enquêteurs français le soupçonnaient de s’être réfugié en Algérie.

Son arrestation s’inscrit dans le cadre de l’enquête baptisée « Octopus », menée par les juridictions spécialisées dans la lutte contre la criminalité organisée à Marseille.

En mars dernier, cette opération avait mobilisé près de 900 gendarmes lors d’un vaste coup de filet dans le sud de la France. Près de 40 personnes avaient été interpellées, tandis que 26 suspects avaient été mis en examen.

Parmi eux figuraient plusieurs responsables présumés de la DZ Mafia, notamment Amine Ouellane et Gabriel Auri, soupçonnés d’avoir continué à diriger certaines activités criminelles depuis leur détention.

Une coopération judiciaire malgré les tensions politiques

L’interpellation de Mehdi Laribi intervient alors que les relations diplomatiques entre Alger et Paris ont connu plusieurs épisodes de tension ces derniers mois. Malgré ce contexte, la coopération dans la lutte contre le crime organisé s’est poursuivie.

Lors de la visite de Gérald Darmanin en Algérie en mai dernier, la France avait sollicité un renforcement de la coopération judiciaire pour retrouver plusieurs responsables présumés de la DZ Mafia. Une dizaine de demandes d’entraide judiciaire visant des suspects présumés présents en Algérie avaient été transmises aux autorités algériennes.

Selon les services de sécurité français, la DZ Mafia ne fonctionne pas selon une structure hiérarchique classique. L’organisation est composée de plusieurs groupes relativement autonomes, dont les activités se sont progressivement étendues du trafic de stupéfiants à l’extorsion, au racket et à d’autres formes de criminalité organisée.

Qu’est-ce que la DZ Mafia ?

La DZ Mafia est née dans les quartiers populaires du nord de Marseille, notamment à La Paternelle, où elle a développé ses premières activités autour du trafic de drogue en recrutant de jeunes revendeurs.

D’après le journaliste Jean-Guillaume Piètre, auteur de l’ouvrage « Plongée dans la nouvelle ère du narcobanditisme marseillais » publié en 2025, l’organisation a progressivement étendu son influence à l’ensemble de Marseille après une guerre sanglante contre un réseau rival connu sous le nom de Yoda, avant de s’implanter dans d’autres villes françaises puis dans plusieurs pays européens, dont la Belgique et les Pays-Bas.

Le sigle « DZ » fait référence au code couramment associé à l’Algérie, plusieurs responsables du réseau étant d’origine algérienne, même si l’organisation rassemble des membres de différentes nationalités.

Toujours selon Jean-Guillaume Piètre, le nom DZ Mafia s’est largement imposé à partir de 2023, notamment grâce à Snapchat, utilisé par le réseau pour promouvoir son influence et recruter de nouveaux membres.

La police judiciaire de Marseille considère aujourd’hui la DZ Mafia comme l’une des organisations criminelles les plus puissantes du sud-est de la France. Au-delà du trafic de stupéfiants, elle est impliquée dans des affaires d’extorsion et de racket visant commerçants, entrepreneurs et artistes, dont le rappeur français SCH, qui aurait fait l’objet d’une tentative d’extorsion de 300 000 euros.

Le réseau fonctionne sous la forme de groupes et de clans interconnectés plutôt que selon une chaîne de commandement centralisée. Il exploite largement les réseaux sociaux pour recruter des guetteurs, des revendeurs et des exécutants, ce qui en fait l’une des organisations criminelles les plus complexes et les plus influentes de France ces dernières années.

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