Touahria détaille les causes des incendies et les mesures de réhabilitation des forêts sinistrées
Le directeur général des Forêts, Djamel Touahria, a affirmé que l’Algérie est parvenue à maîtriser l’ensemble des incendies de forêt enregistrés depuis le début de la saison en cours. Les opérations de refroidissement se poursuivent toutefois dans certains foyers, conformément au protocole d’intervention qui impose aux équipes de ne quitter les lieux qu’après s’être assurées de l’extinction totale des flammes.
Invité de l’émission « Dhif Essabah » sur la Radio algérienne, le responsable a indiqué que les services des forêts ont recensé 445 incendies, ayant nécessité plus de 1 500 interventions sur le terrain. Selon lui, cette mobilisation rapide dès les premiers départs de feu a permis de limiter leur propagation et de réduire les dégâts.
Malgré le succès des opérations d’extinction, la saison a été marquée par des conditions naturelles particulièrement favorables à la propagation des incendies.
Djamel Touahria a expliqué que l’extension des feux s’explique par la densité exceptionnelle du couvert végétal, conséquence d’un hiver très pluvieux, à laquelle se sont ajoutées des températures élevées, des vents forts et la présence importante d’herbes sèches. Les wilayas de l’Est, notamment Skikda, Annaba et Guelma, ont été les plus touchées.
Le responsable a souligné que la lutte contre les incendies commence bien avant leur déclenchement, grâce à un programme annuel de prévention comprenant l’ouverture et l’entretien des pistes forestières, la réalisation de pare-feu, le contrôle des points d’approvisionnement en eau ainsi que le recours, en cas de besoin, aux réserves d’eau des agriculteurs pour appuyer les équipes d’intervention.
Il a également indiqué que les nouvelles technologies occupent désormais une place essentielle dans le dispositif de prévention, avec l’utilisation de drones pour surveiller les massifs forestiers et suivre l’évolution des incendies, ainsi que l’exploitation d’images satellitaires pour localiser les départs de feu et analyser leurs causes.
Concernant l’origine des incendies, le directeur général des Forêts a précisé que le facteur humain demeure la principale cause dans la majorité des cas, qu’il s’agisse de négligence — comme l’allumage de feux sans surveillance ou le manque d’entretien des abords des habitations et des routes —, d’actes criminels ou encore de causes naturelles.
Il a ajouté que des équipes spécialisées, formées aux techniques modernes d’investigation, sont désormais en mesure de déterminer avec précision le point de départ et l’heure de déclenchement des incendies.
S’agissant de la phase post-incendie, Djamel Touahria a expliqué que la réhabilitation des zones sinistrées dépendra de la nature du couvert forestier. Certaines essences retrouveront naturellement leur croissance, tandis que d’autres nécessiteront des opérations de reboisement après l’évaluation des dommages.
Enfin, il a appelé à renforcer les moyens d’intervention précoce, à consolider les ressources humaines par le recrutement et le rajeunissement des effectifs, ainsi qu’à intensifier les campagnes de sensibilisation afin de réduire le risque d’incendies à l’avenir. Il a également salué les efforts des agents et cadres de l’administration des forêts, de l’Armée nationale populaire, de la Protection civile, ainsi que de l’ensemble des intervenants et des membres de la société civile pour leur contribution à la protection du patrimoine forestier et à la lutte contre les incendies.