Tentative de piratage d’un ferry en route vers l’Algérie ?
Le voyage du ferry “Le Fantastic”, exploité par la compagnie italienne GNV en direction du port de Béjaïa, s’est transformé en véritable cauchemar pour environ 650 passagers, majoritairement algériens, après que le navire se soit immobilisé au port de Sète dès 6h du matin, entraînant un retard de 16 heures.
La procureur de Paris a confirmé que l’arrêt du ferry était lié à une enquête judiciaire sensible menée par la Direction générale de la Sécurité intérieure française (DGSI), suite à des informations transmises par les autorités italiennes faisant état d’une possible infection du système informatique du navire par un logiciel malveillant permettant de prendre le contrôle du ferry à distance.
Un citoyen letton a été placé en détention provisoire, tandis que le citoyen bulgare a été relâché sans inculpation. La justice a ouvert une enquête pour « atteinte aux systèmes de traitement automatisé de données en vue de servir les intérêts d’une puissance étrangère ».
Le ministre de l’Intérieur français, Laurent Nunez, a qualifié l’affaire de « très grave », précisant que les enquêteurs étudient la possibilité d’une ingérence étrangère, sans en révéler davantage, tout en laissant entendre que ces interventions proviennent souvent du même pays.
L’avocat du citoyen letton, Thibault Bailey, a indiqué que l’enquête permettra de clarifier certains points encore flous et a jugé que l’affaire n’était peut-être pas aussi grave qu’annoncée, qualifiant l’hypothèse d’une ingérence russe de « disproportionnée et inutile ».
Une journée longue et frustrante pour les passagers
Pendant toute la journée, les passagers venus du nord de la France, Paris et sa région, ainsi que de Belgique, Angleterre, Allemagne et Pays-Bas, sont restés bloqués devant les portes du port de Sète.
La compagnie a informé les passagers à 1h du matin que le ferry ne partirait pas à l’heure prévue, à 6h, provoquant panique et colère, alors qu’aucun représentant officiel n’était présent pour les assister.
La police locale est intervenue pour réguler le trafic et calmer les passagers, qui ont reçu au fil de la journée plusieurs notifications de report de départ, avant de recevoir le message final à 16h51 :
"Cher client, le voyage de Sète à Béjaïa est reporté à 19h30. Veuillez vous rendre au port."
Enquête judiciaire et décision de saisie
Le ferry était soumis à saisie judiciaire depuis vendredi pour des raisons non communiquées officiellement. Il a été placé sous surveillance afin de rechercher une personne et du matériel informatique, ce qui a gelé temporairement le voyage.
Les enquêtes ont permis de confisquer plusieurs preuves et équipements avant que le navire ne reprenne sa navigation en Méditerranée.
La procureur de Paris a ouvert une information judiciaire pour plusieurs chefs :
Atteinte à un système de traitement automatisé de données au sein d’une organisation en vue de servir les intérêts d’une puissance étrangère,
Participation à une association de malfaiteurs,
Possession de matériel ou logiciels destinés à attaquer des systèmes de traitement automatisé de données.
Une épreuve pour les passagers
Durant les longues heures d’attente, les passagers, y compris ceux accompagnant des personnes âgées, sont restés dans l’incertitude totale.
La situation ne s’est améliorée qu’à 17h, permettant aux passagers de monter à bord du ferry et de quitter le port de Sète avant 22h, laissant derrière eux une expérience que beaucoup ont qualifiée de « cauchemardesque ».