Tensions Alger-Paris : l’ambassadeur français déclaré persona non grata
La chaîne Algérie Internationale a révélé, dans la soirée d’hier, que l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, a été déclaré “persona non grata”, à la suite de propos tenus lors d’une émission télévisée diffusée en France et consacrée aux relations algéro-françaises.
La chaîne a cité le journaliste Khenissa Badis, selon lequel ce type de déclarations « ne fait pas honneur à la diplomatie ni à ses usages et traditions », en référence directe au contenu de l’émission diffusée jeudi dernier sur la chaîne France 2.
Le principe de réciprocité
La chaîne a également indiqué que les autorités algériennes ont décidé d’interdire à la famille du journaliste français Christophe Gleizes de lui rendre visite en prison. Cette mesure s’inscrit dans le cadre du principe de réciprocité, après le refus de la France d’autoriser la famille d’un diplomate algérien incarcéré à lui rendre visite.
Pour rappel, le diplomate algérien est détenu dans une affaire liée à l’enlèvement présumé d’Amir Boukhors, connu sous le nom d’« Amir DZ », tandis que le journaliste français Christophe Gleizes a été condamné à sept ans de prison pour avoir entretenu des contacts avec l’organisation « MAK », classée organisation terroriste en Algérie.
Les déclarations de l’émission de France 2
Le ministère algérien des Affaires étrangères a précisé que l’émission de la chaîne France 2, à laquelle a participé l’ambassadeur de France, reposait sur des mensonges et des allégations infondées, constituant une attaque directe contre l’État algérien, ses institutions et ses symboles.
À la suite de la diffusion du programme, le ministère a convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade de France à Alger pour protester officiellement, soulignant la responsabilité de la chaîne publique française ainsi que de l’autorité de tutelle. Le ministère a estimé qu’un tel dérapage n’aurait pas pu se produire sans un soutien explicite ou, à tout le moins, un silence officiel des autorités françaises, ce qui constitue une violation des usages diplomatiques et des normes internationales.
Ces développements interviennent dans un contexte de tensions diplomatiques persistantes depuis près de deux ans entre Alger et Paris, récemment ravivées par une série d’affrontements médiatiques et diplomatiques.
L’Algérie avait auparavant rappelé son ambassadeur à Paris, Saïd Moussi, en août 2024, pour protester contre l’abandon par la France de sa position de neutralité sur la question du Sahara occidental et son soutien au plan marocain d’autonomie, présenté comme « la seule solution » au conflit.
En avril 2025, la France a à son tour rappelé l’ambassadeur Stéphane Romatet à Paris pour consultations, à la suite d’une grave crise diplomatique marquée par des expulsions réciproques de responsables diplomatiques.
Implication d’un diplomate français
Le ministère algérien des Affaires étrangères a affirmé que l’ambassadeur de France lui-même, ainsi que l’ambassade française en Algérie, ont pris part à la campagne médiatique jugée offensante, renforçant l’idée que cette opération a bénéficié d’une caution de la part de cercles officiels français.
Le ministère a souligné que ce comportement constitue une nouvelle escalade dans les pratiques hostiles à l une nouvelle escalade dans les pratiques hostiles à l’égard de l’Algérie, orchestrées par des milieux officiels français.
Le gouvernement algérien a condamné avec la plus grande fermeté le programme français, estimant que l’implication de l’ambassadeur français dans ces agissements constitue une violation flagrante des usages diplomatiques et du droit international.
Il a enfin réaffirmé que l’Algérie se réserve le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire face à ces actes et préserver la souveraineté de l’État.