Sidi Bel Abbès accueille le premier centre d’excellence algéro-italien dédié à l’innovation agricole en Afrique
Un décret présidentiel portant création du Centre d’excellence algéro-italien pour la formation, la recherche et l’innovation dans le domaine agricole a été publié. Il vise à constituer une nouvelle plateforme régionale destinée à développer une agriculture durable et à transférer les technologies agricoles modernes vers le continent africain.
Selon le numéro 37 du Journal officiel algérien, le décret présidentiel n° 26-193, signé par le président de la République Abdelmadjid Tebboune le 12 mai 2026, institue un nouveau centre scientifique et technologique baptisé « Enrico Mattei », dans le cadre d’un partenariat algéro-italien visant à soutenir la sécurité alimentaire, développer les capacités agricoles et renforcer la recherche appliquée ainsi que la formation spécialisée au profit des pays africains.
Sidi Bel Abbès accueille le centre
La création de ce centre s’inscrit dans la mise en œuvre du mémorandum d’entente signé entre l’Algérie et l’Italie à Rome le 23 juillet 2025, dans le cadre de ce qui est appelé le « Plan Mattei ». Il s’agit d’une initiative stratégique de coopération à travers laquelle l’Italie cherche à élargir ses partenariats économiques et de développement avec les pays africains, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de l’énergie et de la formation.
En vertu du décret, le centre « Enrico Mattei » est classé comme établissement public à caractère scientifique et technologique, doté de la personnalité morale ainsi que de l’autonomie financière et administrative. Il est placé sous la tutelle du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche. La ville de Sidi Bel Abbès a été retenue comme siège officiel, en raison de sa position stratégique et de ses potentialités agricoles et académiques, avec la possibilité de transférer ultérieurement le siège par décret exécutif selon les exigences de la coopération bilatérale.
Le plan « Mattei » pour la formation des compétences africaines
Les deux parties, algérienne et italienne, misent sur ce projet pour faire de l’Algérie un pôle régional de formation et de recherche agricole en Afrique. Cela passera par le développement de programmes de formation spécialisés et le lancement de partenariats de recherche appliquée visant à améliorer la production agricole, rationaliser l’utilisation des ressources en eau et faire face aux effets du changement climatique, qui menacent de plus en plus la sécurité alimentaire dans de nombreux pays africains.
Le centre assurera également la formation des jeunes du continent africain, ainsi que celle des formateurs et conseillers agricoles dans des spécialités précises. Il facilitera en outre la mobilité des apprenants et des chercheurs entre les pays africains et l’Italie, afin de favoriser l’échange d’expertise dans les domaines de l’agriculture intelligente et de l’innovation agricole.
En matière de gouvernance, le décret prévoit un système de gestion bilatéral associant l’Algérie et l’Italie à travers des structures administratives et scientifiques communes.
Le conseil d’administration est composé de 16 membres représentant les deux parties, avec une présidence tournante annuelle assurée côté algérien par le ministre de l’Agriculture ou son représentant, et côté italien par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale ou son représentant.
Le conseil inclut des représentants des secteurs des affaires étrangères, de l’agriculture, de l’enseignement supérieur et des ressources en eau, ainsi que de l’Agence algérienne de coopération internationale, aux côtés d’institutions italiennes impliquées dans la mise en œuvre du « Plan Mattei », dont le ministère italien de l’Agriculture et l’Agence spatiale italienne. Cette composition reflète l’intégration des technologies, de la numérisation et des données spatiales dans le développement de l’activité agricole.
Quant au conseil scientifique et pédagogique, il sera chargé d’orienter les programmes de recherche et de formation, avec la participation d’experts et de représentants d’institutions de recherche et universitaires des deux pays, dont l’Institut national de la recherche agronomique, l’Institut de recherche sur l’eau, l’Université de Tuscia en Italie, ainsi que le Centre national des technologies agricoles de Naples.
Un budget flexible soutenu par des contributions internationales
Sur le plan financier, le décret prévoit une diversification des sources de financement du centre, incluant les contributions de l’État algérien et de la partie italienne, ainsi que la possibilité de contributions de pays africains, d’organisations internationales et d’institutions économiques.
Les ressources du centre comprendront également les revenus issus des activités scientifiques et de formation, les redevances de brevets et de publications, ainsi que les dons et legs. Les dépenses seront consacrées au fonctionnement, à l’investissement et au financement de projets de recherche et de formation liés au développement agricole durable.
La phase opérationnelle du projet devrait être lancée en coordination entre le ministère de l’Agriculture et celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, à travers l’élaboration des programmes académiques et de recherche, ainsi que le démarrage des premières sessions de formation et des partenariats appliqués, dès l’entrée en vigueur du décret après sa publication officielle.