Ségolène Royal recadre Emmanuel Macron sur sa gestion du dossier algérien
Au cœur de l’escalade du débat en France autour de l’Algérie, la responsable politique française et ancienne ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, a réagi aux déclarations du président Emmanuel Macron, qui a critiqué les partisans d’une rupture avec Alger. Elle a estimé, de son côté, que les tentatives d’apaisement étaient tardives et que la situation actuelle reflète l’accumulation de décisions passées.
Dans un message publié sur la plateforme « X », Royal a répondu aux propos de Macron, affirmant qu’il avait « attaqué » ceux qu’il a qualifiés de « fous » appelant à durcir la position envers l’Algérie, après avoir découvert la présence de milliers de soignants algériens dans le secteur de la santé en France.
Royal s’est dite surprise par ce discours, estimant que Macron lui-même a contribué à détériorer les relations bilatérales, notamment à travers une lettre datée du 6 mai 2025, adressée à François Bayrou et Bruno Retailleau, qui aurait, selon elle, entraîné de graves conséquences pour les travailleurs du secteur de la santé et les entreprises.
Dans un autre message accompagné d’un article de presse, Royal a évoqué des instructions de Macron visant la « suspension officielle » de l’accord de 2013 avec l’Algérie, relatif à l’exemption de visa pour les détenteurs de passeports diplomatiques et officiels.
L’article cité précise que cette mesure était déjà gelée auparavant, après des expulsions de diplomates entre les deux rives de la Méditerranée, ajoutant que Macron chercherait également à refuser l’octroi de visas de court séjour aux détenteurs de passeports de service et diplomatiques.
Selon la même source, cette orientation inclurait aussi un effort pour aligner la position de l’Union européenne sur une approche plus ferme à l’égard de l’Algérie.
Par ailleurs, Royal, en tant que présidente de l’association « France-Algérie », adopte une démarche visant à apaiser les tensions et à mettre fin à la crise sans précédent que connaissent les relations entre Alger et Paris depuis juillet 2024.
Polémique autour des médecins étrangers
Ses déclarations interviennent en réponse à la position de Macron, qui a lui-même attaqué les voix politiques appelant à une ligne plus dure envers l’Algérie, les qualifiant de « fous ».
Lors d’une visite dans la région de l’Ariège, le président français a dénoncé ce qu’il a décrit comme un « dysfonctionnement du système français », évoquant la situation des médecins diplômés hors Union européenne, connus sous l’acronyme (Padhue), parmi lesquels les médecins algériens représentent une part importante.
Macron a critiqué les partisans de la rupture avec l’Algérie, tout en soulignant les difficultés rencontrées par les médecins étrangers au sein du système de santé français.
Dans la foulée, le président du parti « Les Républicains », Bruno Retailleau, a vivement attaqué Macron, l’accusant d’utiliser un « faux prétexte » pour justifier ses positions, dans un contexte de débat croissant en France autour de l’Algérie, de l’immigration et de la sécurité intérieure.
Dans un communiqué officiel, Retailleau a estimé que le discours du président visait à détourner l’attention des véritables enjeux, ajoutant que Macron s’en est pris à ceux qui prônent la fermeté envers l’Algérie, y compris lui-même.
Il a conclu en affirmant que « ce faux prétexte ne sert qu’à masquer les vrais problèmes », soulignant que le rôle du président est d’affronter les questions essentielles avec courage et fermeté afin de protéger les Français et de respecter la France.