Scandale sécuritaire : comment le Maroc a coordonné des rencontres secrètes avec le Mossad avant la normalisation

Scandale sécuritaire : comment le Maroc a coordonné des rencontres secrètes avec le Mossad avant la normalisation

Le journaliste et analyste en sécurité français Claude Moniquet a déclenché un véritable scandale en révélant que Mehdi Hijaoui, ancien haut responsable du renseignement extérieur marocain (DGED), avait organisé une visite secrète de son directeur de l’époque, Yassine Mansouri, en Israël, au plus fort de la guerre de juillet 2006 entre Tel-Aviv et le Hezbollah.

Dans un témoignage publié sur la plateforme X, Moniquet affirme que Mansouri a rencontré, lors de ce déplacement, de hauts responsables du Mossad, et a effectué une visite de terrain le long de la frontière nord d’Israël, en pleine confrontation militaire avec le Hezbollah. Une démarche qualifiée par de nombreux observateurs de « coopération sécuritaire non déclarée », alors que les relations diplomatiques entre Rabat et Tel-Aviv étaient officiellement rompues.

Une rencontre secrète maroco-israélienne en pleine guerre ouverte

Selon Claude Moniquet, Mehdi Hijaoui, alors chef de cabinet du directeur du renseignement, a personnellement coordonné cette visite et accompagné Mansouri tout au long de son séjour. Ce fait dévoile un niveau avancé de coordination sécuritaire entre le Maroc et Israël, bien avant la normalisation officielle des relations entre les deux pays.

Cette révélation soulève des interrogations majeures sur la nature des liens secrets entre Rabat et Tel-Aviv, et sur le moment réel où cette coopération aurait débuté, bien avant l’annonce publique du rétablissement des relations diplomatiques, le 10 décembre 2020, dans le cadre d’un accord tripartite parrainé par Washington.

Une normalisation discrète et une percée israélienne au Maghreb

Bien que le Maroc ait suspendu ses relations diplomatiques avec Israël en octobre 2000, à la suite de la seconde Intifada palestinienne, cette visite secrète de l’été 2006 suggère que les contacts n’ont jamais réellement cessé.

Il est important de noter que le Maroc est aujourd’hui le seul pays du Maghreb à entretenir des relations officielles avec Israël, depuis que la Mauritanie y a mis fin en 2010. Ce fait est considéré comme une véritable percée stratégique israélienne dans la région maghrébine, historiquement engagée en faveur de la cause palestinienne.

Conséquences internes et internationales possibles

Ce scandale éclate dans un contexte délicat au Maroc, marqué par des tensions croissantes autour de dossiers sécuritaires et de luttes de pouvoir au sein de l’appareil du renseignement. La campagne médiatique actuelle contre Mehdi Hijaoui, accusé par les autorités marocaines d’activités douteuses, est vue par certains analystes comme une manœuvre de règlement de comptes.

Ces révélations pourraient ouvrir la voie à des questionnements plus larges, tant au Maroc qu’à l’international, sur l’ampleur de la coopération sécuritaire entre Rabat et Tel-Aviv, et sur l’existence éventuelle d’accords non révélés jusqu’ici.

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