Sansal au cœur d'une nouvelle vague ravivant les tensions entre l'Algérie et la France

Sansal au cœur d’une nouvelle vague ravivant les tensions entre l’Algérie et la France

Le passage de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal de la maison d’édition Éditions Gallimard vers Éditions Grasset, appartenant à l’homme d’affaires Vincent Bolloré, a suscité une vive polémique dans le milieu de l’édition française.

Le site français Blast a révélé que depuis la libération de Sansal de prison, la valeur de l’écrivain a atteint des niveaux records : près de 350 000 exemplaires de son roman *2084 : La fin du monde* ont été vendus, tandis que le jury du Prix mondial Cino Del Duca lui a attribué une récompense financière de 200 000 euros en décembre.

Au départ, Sansal avait reçu une offre exceptionnelle de 100 000 euros de la part de Éditions Gallimard pour son roman relatant son année en prison. Mais la situation a basculé après l’intervention directe de l’ancien président français Nicolas Sarkozy, qui a joué le rôle d’intermédiaire en faveur de Bolloré, proposant des offres financières doublées pour attirer l’ouvrage vers Fayard. L’enchère s’est finalement conclue par l’intervention du directeur de Hachette Livre, qui a scellé cet accord historique pour un montant d’un million d’euros.

Selon le site, l’auteur du livre « Mémoires d’un prisonnier » a agi avec une grande habileté stratégique, laissant les maisons d’édition faire monter les enchères.

Le média d’investigation souligne que les motivations derrière cette transaction record semblent davantage politiques et idéologiques que commerciales.

Il affirme que les ventes du livre ne compenseront en aucun cas le montant investi, ajoutant que Bolloré « ne cherche pas ici la rentabilité financière ».

L’accord a suscité de nombreuses réactions et mises en garde sur les réseaux sociaux. Des blogueurs et observateurs estiment que le contenu de l’ouvrage pourrait être orienté vers la diffusion de récits hostiles à l’Algérie. Certains relient ces inquiétudes au positionnement idéologique de Bolloré, considéré comme l’un des principaux soutiens du courant d’extrême droite en France.

Il convient de rappeler que Boualem Sansal a annoncé en février dernier avoir été déchu de la nationalité algérienne.

Il a affirmé être désormais uniquement citoyen français après la perte de sa nationalité algérienne.

Cette décision est intervenue après que Sansal eut passé une année entière en prison en Algérie, avant que le président Abdelmadjid Tebboune ne décide de lui accorder une grâce présidentielle.

L’écrivain avait été condamné en juillet 2025 à cinq ans de prison à la suite de déclarations ayant suscité une vive polémique, notamment lorsqu’il avait affirmé que l’Algérie avait hérité, durant la colonisation française, de territoires qui faisaient auparavant partie du Maroc.

Sansal avait été arrêté en novembre 2024 à l’aéroport d’Alger et condamné à cinq ans de prison pour « atteinte à l’unité nationale ».

Il a été libéré le 12 novembre 2025 à la suite d’une médiation du président allemand Frank-Walter Steinmeier, qui s’était entretenu avec son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune.

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