Relations algéro-espagnoles : Albares défend l’Algérie et recadre le Parti populaire
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a fermement défendu l’Algérie face à ce qu’il a qualifié de « déclarations graves » émanant du Parti populaire.
L’affaire fait suite à des propos tenus par l’ancien Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, figure du Parti populaire, jugés racistes à l’encontre de l’équipe de France.
Rajoy avait déclaré que l’équipe de France possédait « un très haut niveau, mais sans aucun joueur français », suscitant une vive polémique à l’approche de la demi-finale de la Coupe du monde opposant les Bleus à la Roja. Ces propos ont été largement dénoncés comme étant racistes, poussant le chef de la diplomatie espagnole à intervenir pour apaiser les tensions.
José Manuel Albares s’est rapidement désolidarisé des déclarations de Mariano Rajoy, affirmant que le gouvernement et le peuple espagnols ne partageaient pas cette position. Il a également appelé le président du Parti populaire, Alberto Núñez Feijóo, à condamner publiquement les propos de l’ancien chef du gouvernement.
Le ministre a précisé avoir évoqué cette affaire avec son homologue français lors d’un premier entretien téléphonique, avant d’en discuter de vive voix à Bruxelles.
Au-delà de cette condamnation, Albares a critiqué le Parti populaire dans son ensemble, estimant que ses déclarations sont dangereuses et portent atteinte aux relations entre l’Espagne et l’Algérie.
« Le Parti populaire tente de salir la réputation d’un ami et d’un grand voisin, l’Algérie », a déclaré le ministre.
Il a également rappelé que ce parti avait auparavant affirmé que l’Algérie couperait ses livraisons de gaz à l’Espagne, avant d’ajouter : « Tout le monde sait pourtant que l’Algérie est un fournisseur fiable. »
Selon Albares, la stratégie du Parti populaire dirigé par Feijóo repose sur la confrontation avec les voisins et les partenaires de l’Espagne. Il a insisté sur le fait que le seul langage à privilégier est celui du bon voisinage et de l’amitié.
À noter que le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, effectuera une visite officielle en Algérie le 20 juillet. Il s’agira de sa première visite depuis la crise diplomatique de 2022, provoquée par le changement de position de Madrid sur la question du Sahara occidental.
Cette visite s’inscrit dans les efforts des deux pays pour tourner la page des années de tensions et renforcer leurs relations bilatérales, alors que les échanges commerciaux connaissent une reprise progressive depuis 2025.