Rachid Boudjedra répond à Sansal et Daoud dans un nouveau livre

Rachid Boudjedra répond à Sansal et Daoud dans un nouveau livre

La maison d’édition Dar El Hikma s’apprête à publier une nouvelle édition de l’ouvrage de l’écrivain et romancier algérien Rachid Boudjedra, intitulé « Les contrebandiers de l’histoire » (titre original : زناة التاريخ).

Ce livre satirique et audacieux s’inscrit dans le cadre d’une réponse littéraire et intellectuelle aux thèses controversées de Boualem Sansal et Kamel Daoud, selon ce qu’a rapporté la télévision algérienne.

À travers cet ouvrage, Boudjedra mène une confrontation directe contre ce qu’il qualifie de "nouvelle littérature coloniale", accusée de confisquer l’histoire, de mépriser la culture et d’ignorer jusqu’à la géographie, selon ses propres termes.

L’auteur a choisi de publier le livre en édition bilingue (arabe/français), afin de transmettre son message à un large public.

Dénoncer l’hypocrisie et la falsification au nom de la révolution

Publié initialement en 2018, Les contrebandiers de l’histoire a vu le jour dans un contexte politique tendu. Boudjedra y adopte un ton virulent et frontal contre ceux qu’il qualifie de parasites de la révolution algérienne, dénonçant ce qu’il considère comme une usurpation de l’histoire de la guerre de libération par des acteurs opportunistes.

L’ouvrage se présente comme un texte satirique, politique et caustique, mêlant narration autobiographique, documentation historique et mise à nu morale. L’auteur y cible des figures précises qu’il accuse d’avoir déformé, violé et instrumentalisé l’histoire à des fins politiques ou de pouvoir.

Une attaque frontale contre des intellectuels algériens

Dans Les contrebandiers de l’histoire, Boudjedra révèle le motif principal qui l’a poussé à écrire ce pamphlet : les tentatives de falsification de l’histoire nationale par certains écrivains et intellectuels algériens.

Il revient notamment sur un épisode qui l’a profondément indigné : celui de Ferial Furon, descendante de la famille Ben Gana, qu’il accuse d’avoir glorifié l’un de ses ancêtres, ce qu’il considère comme un acte de manipulation délibérée de la mémoire collective et de l’histoire révolutionnaire de l’Algérie.

Boudjedra ne ménage pas sa critique envers des figures culturelles influentes comme Boualem Sansal et Kamel Daoud, les accusant de réhabiliter l’image du colonialisme français, notamment à travers une admiration persistante pour Albert Camus.

Selon lui, ces écrivains sont victimes de ce que Frantz Fanon appelait la haine de soi, et il dénonce par la même occasion le silence lâche de nombreux intellectuels algériens face à ce qu’il décrit comme des manipulations sournoises. Ce livre se veut donc une riposte claire et ferme, une tentative personnelle de "purifier l’histoire nationale des mains sales".

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