Qui est derrière le blocage du sommet maghrébin tripartite entre l'Algérie, la Tunisie et la Libye ?

Qui est derrière le blocage du sommet maghrébin tripartite entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye ?

Les regards sont tournés depuis quelque temps vers Tripoli, où il avait été annoncé précédemment que se tiendrait le sommet maghrébin tripartite entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye.

Le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, avait tenu une réunion tripartite avec ses homologues tunisien et libyen, en marge du sommet arabe extraordinaire qui s’est tenu au Caire, capitale de l’Égypte.
Lors de cette réunion, les dernières retouches du sommet maghrébin à Tripoli avaient été apportées.

Qui est derrière le blocage ?

Des interrogations ont été soulevées quant à la non-tenue du sommet maghrébin tripartite malgré son importance et celle des dossiers qui devaient y être discutés.

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait annoncé en octobre dernier que la rencontre tripartite entre les dirigeants de l’Algérie, de la Tunisie et de la Libye aurait lieu prochainement en Libye.

Le président de l’Observatoire tunisien des droits de l’Homme, Mustapha Abdelkebir, a révélé qu’il existe un véritable problème quant à la prise de décision officielle libyenne pour la tenue de cette réunion tripartite proposée depuis un certain temps.

Dans une déclaration au journal Al-Araby Al-Jadeed, Mustapha Abdelkebir a affirmé que certaines parties politiques entravent la tenue de la rencontre, malgré les visites fréquentes entre l’Algérie et la Tunisie visant à encourager cette réunion.

Le même intervenant a estimé que les voix politiques en Libye qui bloquent la rencontre sont alignées avec des parties étrangères, et qu’elles ne sont ni isolées ni dénuées de fondement.

Il a souligné que la prise de décision et la fixation d’une date pour la rencontre tripartite en Libye constituent aujourd’hui une véritable difficulté, précisant que ces difficultés ne proviennent ni du côté tunisien ni du côté algérien.

Il a poursuivi : « Il y a également des pressions internationales sur toutes les parties, comme si cette coordination tripartite tuniso-algéro-libyenne n’était pas dans l’intérêt de certains. »

Il convient de noter que l’Algérie soutient le gouvernement légitime en Libye, à savoir le Gouvernement d’union nationale, et refuse de traiter avec toute autre partie illégitime.

Des dossiers urgents

Les pays du Maghreb font face à de grands défis, tels que les tensions dans la région du Sahel, les ingérences étrangères, ainsi que les répercussions de la situation au Moyen-Orient sur la région.

L’ancien ministre d’État chargé des Affaires économiques au sein du Gouvernement d’union nationale, Salama Al-Ghweil, a révélé que le sommet prévu vise à renforcer la coopération économique et stratégique, en se concentrant sur des projets de développement couvrant les secteurs de l’énergie, du commerce et de la sécurité alimentaire, afin de réaliser l’intégration régionale.

Salama Al-Ghweil a affirmé que la coordination sécuritaire et politique constituera l’un des principaux axes du sommet, compte tenu des défis sécuritaires auxquels la région est confrontée.

Il a insisté sur la nécessité d’aborder le sommet sous un angle de développement, en mettant l’accent sur le renforcement des partenariats économiques et stratégiques.

De son côté, le président de l’Observatoire tunisien des droits de l’Homme a souligné l’existence de dossiers urgents à examiner, notamment la question migratoire, en soulignant la volonté de certains pays de pousser les migrants clandestins vers l’Algérie depuis la Libye, puis vers la Tunisie. Il a également évoqué les mouvements sécuritaires à l’intérieur de la Libye et à la frontière algéro-malienne.

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