Procès Belghith : un nouveau report à la demande de la défense
Le Conseil judiciaire d’Alger a décidé, ce mardi, de reporter le procès de l’historien et professeur d’université Mohamed El-Amine Belghith à l’audience du 30 septembre prochain, à la demande de l’équipe de défense.
Belghith a comparu ce matin devant la chambre criminelle du Conseil judiciaire d’Alger, après l’appel du jugement prononcé par le tribunal de Dar El Beïda dans la capitale.
Le tribunal de Dar El Beïda avait condamné, le 3 juillet dernier, le professeur à cinq ans de prison ferme assortis d’une amende de 500 000 dinars, pour des accusations de « discours de haine » et « atteinte à l’unité nationale ».
Le professeur avait déjà comparu le 26 août dernier devant la chambre criminelle du Conseil judiciaire d’Alger, avant que son procès ne soit reporté au 9 septembre. L’audience a de nouveau été ajournée jusqu’à la fin du mois.
Son avocat, Tewfik Hichour, a expliqué à Aurass que la décision de report a été prise suite à la requête de la défense. Il avait annoncé ce report dans une publication sur la plateforme de réseaux sociaux Facebook.
Le 21 mai dernier, la chambre d’accusation du Conseil judiciaire d’Alger avait rejeté la demande de libération de Belghith et confirmé l’ordonnance du juge d’instruction du tribunal de Dar El Beïda ordonnant son placement en détention provisoire.
Des accusations lourdes dans le dossier
L’historien est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, notamment pour atteinte à l’unité nationale à travers des actes portant atteinte aux symboles de la nation et de la République, atteinte à l’intégrité du territoire national, ainsi que diffusion de discours de haine et de discrimination via des moyens technologiques.
La défense avait présenté des garanties légales afin de permettre à son client de bénéficier d’un contrôle judiciaire au lieu de la détention provisoire, mais la chambre d’accusation a rejeté la demande après étude de l’appel.
L’affaire remonte à des déclarations faites par Belghith lors d’un entretien télévisé avec la chaîne Sky News Arabia, jugées comme une atteinte à l’identité nationale et une remise en cause des constantes de la nation, ce qui a déclenché une vague de polémiques et de réactions indignées ayant conduit à son poursuite judiciaire.