Pourquoi le Parlement algérien a-t-il gelé la proposition de loi criminalisant le colonialisme français en 2021 ?

Pourquoi le Parlement algérien a-t-il gelé la proposition de loi criminalisant le colonialisme français en 2021 ?

Le président de l’Assemblée populaire nationale, Ibrahim Boughali, s’est exprimé dans un entretien accordé à la chaîne belge « ATBIC » au sujet du projet de loi sur la criminalisation du colonialisme et des relations algéro-françaises.

Ibrahim Boughali a précisé que la proposition de loi visant à criminaliser le colonialisme français avait été soumise au Parlement immédiatement après son installation lors de la neuvième législature, à la fin de 2021. Cependant, le bureau de l’Assemblée avait décidé à l’époque de geler la proposition pour privilégier la démarche du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en raison de la sensibilité des relations avec la France.

Boughali a souligné que le Parlement algérien avait donné l’opportunité à la diplomatie officielle de progresser calmement dans un processus de réconciliation préservant les intérêts et les spécificités des deux pays.

Il a affirmé que l’approche diplomatique du président Abdelmadjid Tebboune avait été sage, mais que des forces occultes françaises avaient empêché la progression de ce processus, selon ses dires.

Concernant les détails de la rédaction du projet de loi, le responsable a indiqué qu’une commission regroupant tous les courants politiques avait été constituée afin de donner un caractère populaire à la demande et de fermer la voie à ceux qui voulaient exploiter la question à des fins politiques. Il a insisté sur le fait que le travail avait été mené dans la discrétion, en évitant toute déclaration à la presse pour prévenir toute surenchère.

Il a ajouté : « Après l’élaboration de la version finale, nous avons examiné le projet de loi avec des experts en droit avant qu’il ne soit soumis au vote le 24 décembre. »

La loi devrait ensuite être traduite en anglais, allemand et espagnol afin de servir de référence pour les pays africains, asiatiques et américains ayant souffert du colonialisme, selon le responsable.

Dans ce contexte, Ibrahim Boughali a insisté sur l’engagement de l’Algérie envers les pays africains et d’autres États ayant subi le colonialisme, affirmant que le pays cherche à réparer ces préjudices.

Par ailleurs, Boughali a souligné que la politique étrangère relève uniquement des prérogatives du président, précisant qu’Abdelmadjid Tebboune avait affirmé qu’aucune compensation financière n’était nécessaire, car sa valeur ne peut égaler celle des martyrs et des moudjahidine.

Il a également indiqué que la France n’avait pris aucune mesure sérieuse pour indemniser, tandis que des pays comme l’Angleterre et l’Allemagne avaient tenté de trouver des solutions partielles.

Enfin, il a réitéré l’exigence adressée à la France de nettoyer les sites ayant servi pour les essais nucléaires et de remettre les cartes des mines françaises que l’Algérie n’a pas encore reçues.

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