Pourquoi l’Algérie va-t-elle réviser l’accord de partenariat avec l’Union européenne ?
Le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, revient sur la révision de l’accord de partenariat avec l’Union européenne.
Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a évoqué la volonté de l’Algérie de revoir l’accord de partenariat avec l’Union européenne (UE).
Ahmed Attaf a souligné que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a ordonné une révision article par article de cet accord, qu’il a qualifié de "très préjudiciable" à l’économie nationale.
Le ministre a expliqué qu’il existe deux types de préoccupations entre l’Algérie et l’UE.
La première concerne l’aspect commercial, où les Européens se plaignent de ce qu’ils appellent des "complexités administratives". Cependant, Attaf a noté que l’Algérie partage les mêmes doléances vis-à-vis des pratiques européennes.
Quant au second volet, il s’agit du déséquilibre structurel de l’accord, qu’Ahmed Attaf estime défavorable à l’Algérie. "Cet accord est nuisible, très nuisible à l’économie algérienne", a-t-il affirmé, avant d’ajouter : "C’est ce que nous avons clairement exprimé aux Européens".
Le président Abdelmadjid Tebboune a annoncé que cette révision, qui interviendra après 15 années de mise en œuvre de l’accord, débutera en 2025.
Le chef de l’État a déclaré que cette révision est devenue "nécessaire" et qu’elle se fera "dans un esprit de sérénité et d’amitié" avec l’UE, sans confrontation. "Nous ne sommes pas en conflit avec l’Union européenne ; nous entretenons des relations normales avec ses membres, y compris la France", a-t-il précisé.
Expliquant les raisons de cette révision, le président a rappelé que l’accord avait été conclu à une époque où la situation économique de l’Algérie était différente. "À cette période, l’industrie représentait à peine 3 % du revenu national, et nous importions des produits agricoles au lieu d’en exporter. L’Algérie n’avait alors pas de capacités d’exportation", a-t-il indiqué.
"Les choses ont changé", a poursuivi Abdelmadjid Tebboune. "L’Algérie produit et exporte désormais une variété de produits, notamment dans les industries de transformation et les appareils électroménagers."