Pétrole : les prix bondissent de 3 % face à la fermeture prolongée du détroit d'Ormuz

Pétrole : les prix bondissent de 3 % face à la fermeture prolongée du détroit d’Ormuz

Les prix mondiaux du pétrole ont fortement progressé de plus de 3 % mardi, atteignant leur plus haut niveau depuis avril, dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes liées à la fermeture du détroit stratégique d’Ormuz et à l’échec des efforts diplomatiques entre les États-Unis et l’Iran pour désamorcer l’escalade militaire dans la région.

Le Brent a atteint 111,48 dollars le baril lors des échanges matinaux en temps universel, enregistrant une septième séance consécutive de hausse, sur fond de craintes grandissantes concernant d’éventuelles perturbations de l’approvisionnement en pétrole en provenance du Moyen-Orient. Ces inquiétudes sont renforcées par les restrictions de navigation dans l’un des corridors énergétiques les plus importants au monde.

Dans le même temps, les contrats à terme sur le pétrole brut américain West Texas Intermediate pour livraison en juin ont progressé de plus de 3 %, se rapprochant de la barre des 100 dollars le baril. Les marchés restent très attentifs à toute évolution politique susceptible de rouvrir le détroit ou d’apaiser les tensions militaires.

Cette situation s’inscrit dans un contexte de quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite entre 20 % et 40 % du commerce mondial de pétrole. Cette perturbation a provoqué d’importants bouleversements du trafic maritime, contraignant plusieurs pétroliers à modifier leur itinéraire ou à rebrousser chemin, selon les données de suivi maritime.

Sur le plan politique, des sources américaines indiquent que le président américain Donald Trump n’est pas satisfait de la dernière proposition iranienne, qui prévoyait de reporter les discussions sur le programme nucléaire après un cessez-le-feu, en échange de la réouverture du détroit.

La porte-parole de la Maison-Blanche a précisé que cette proposition n’était pas actuellement traitée de manière officielle, même si elle fait l’objet de discussions internes, dans l’attente d’une décision finale.

La crise trouve son origine dans l’escalade militaire entre Washington et Téhéran depuis la fin février, marquée par des frappes américaines et israéliennes contre des cibles iraniennes, suivies de représailles iraniennes dans la région, entraînant une forte volatilité des marchés mondiaux.

Malgré une trêve temporaire obtenue début avril sous médiation pakistanaise, celle-ci s’est rapidement effondrée en raison de désaccords persistants sur la reprise des négociations.

Des pourparlers directs ont ensuite été organisés à Islamabad sans résultats concrets, et la prolongation temporaire du cessez-le-feu n’a permis qu’un répit de courte durée avant une nouvelle recrudescence des tensions.

Sur le plan économique, des analystes avertissent que la poursuite des perturbations dans le détroit d’Ormuz pourrait entraîner une grave crise d’approvisionnement, affectant les prix mondiaux de l’énergie et accentuant les pressions inflationnistes, en particulier dans les pays importateurs de pétrole.

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