Paris veut refonder son partenariat économique avec l’Algérie
Le président de la Chambre de commerce et d’industrie algéro-française (CCIFA), Michel Bisac, a appelé à bâtir un « nouveau modèle économique » de partenariat entre l’Algérie et la France, profitant des signes récents de rapprochement diplomatique entre les deux pays.
Ses déclarations ont été faites ce jeudi, lors d’un entretien accordé au site algérien Tout sur l’Algérie (TSA).
Des signes d’apaisement dans les relations algéro-françaises
L’appel de Bisac intervient dans un contexte d’amélioration progressive des relations entre Alger et Paris, alors que le nouveau gouvernement français dirigé par Sébastien Lecornu manifeste sa volonté de rétablir le dialogue.
Le président Emmanuel Macron a également adressé une lettre officielle à son homologue Abdelmadjid Tebboune à l’occasion du 71ᵉ anniversaire du déclenchement de la Révolution.
De plus, le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a révélé avoir reçu une invitation officielle de son homologue algérien.
Le Premier ministre français a, pour sa part, exprimé son refus d’abroger l’accord de 1968 sur la circulation et le séjour des Algériens en France, malgré les pressions de l’extrême droite.
« La rationalité stratégique doit prévaloir »
Commentant ces évolutions, Michel Bisac a déclaré :
« Je me réjouis de voir la voix de la raison et de l’intérêt stratégique reprendre le dessus à Paris, plutôt que les calculs politiques à courte vue. »
Il a souligné qu’une relation durable entre les deux pays devait reposer sur le respect mutuel, l’équilibre des intérêts et une vision stratégique de l’avenir.
Appel aux entreprises françaises : « Ne ratez pas le train algérien »
Le président de la CCIFA a insisté sur le fait que l’Algérie connaît une profonde transformation économique, exhortant les entreprises françaises à renforcer leur présence sur le marché algérien au lieu d’hésiter.
« Dans un monde économiquement interconnecté, notre force réside dans la complémentarité. J’encourage les entreprises françaises à ne pas céder au discours politique populiste, mais à investir en Algérie, où le développement économique ouvre de vastes opportunités », a-t-il déclaré.
Bisac a précisé qu’environ 400 entreprises françaises opèrent actuellement en Algérie, dont plusieurs ont investi localement, formé des cadres algériens et intégré le « tissu des relations économiques communes ».
Selon lui, le moment présent représente une occasion unique de rebâtir le partenariat économique sur de nouvelles bases :
« Le train algérien est parti… et il est dans l’intérêt de tous d’y monter. »