Paris propose à l'Algérie un dialogue sur six enjeux stratégiques

Paris propose à l’Algérie un dialogue sur six enjeux stratégiques

Le gouvernement français a réagi à la décision du Parlement d’annuler l’accord migratoire avec l’Algérie.

Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, répondant à une question de la députée d’extrême droite Marine Le Pen, a déclaré qu’il ne cherchait pas à supprimer l’accord, mais plutôt à le renégocier.

Lecornu a précisé devant l’Assemblée nationale que cet accord sur la migration avait déjà fait l’objet de trois négociations : deux sous des gouvernements de gauche et une sous un gouvernement de droite.

Selon lui, l’accord ne correspond plus aujourd’hui aux attentes des deux parties. Il a toutefois exprimé son respect pour ce texte, rappelant que toute révision d’un accord international devait d’abord passer par le pouvoir exécutif avant d’être soumise au Parlement.

Lecornu a également souligné que la décision votée par le Parlement n’était pas contraignante, mais que le gouvernement français en tiendrait compte.

Il a proposé une feuille de route pour relancer les discussions, estimant qu’elles pourraient reprendre à partir du cadre posé par la commission mixte de haut niveau réunie en octobre 2022.

Le Premier ministre a rappelé que cette commission avait convenu de réviser et de renégocier l’accord, mais que le processus avait été interrompu en raison des crises successives ayant affecté les relations bilatérales entre l’Algérie et la France depuis lors.

Lecornu a insisté sur la nécessité de revenir à la table des négociations en tenant compte des intérêts stratégiques des deux pays. Il a précisé que les discussions ne devaient pas se limiter à la question migratoire, mais inclure la lutte contre le terrorisme, la coopération sécuritaire, la situation au Sahel, la sécurité maritime et les relations économiques.

Sans fixer de date pour la reprise des négociations, il a indiqué que ce dossier serait confié à son collègue ministre des Affaires étrangères pour relancer le dialogue avec Alger, ainsi qu’aux ministres de l’Intérieur et des Armées pour les volets relevant de leurs compétences.

Lecornu répond à Attaf

Sébastien Lecornu a affirmé, en réponse à Marine Le Pen, qu’il ne ferait pas et ne fera jamais de l’Algérie un enjeu de politique intérieure française.

Il a ajouté que, selon lui, les relations franco-algériennes avaient parfois constitué un sujet de politique interne en Algérie, tout en exprimant son souhait de dépasser ces considérations et d’aller de l’avant.

Cette déclaration intervient quelques jours après les propos du ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, qui avait regretté qu’un grand pays comme la France fasse de l’histoire d’un État indépendant « un thème de compétition électorale précoce ».

Attaf avait souligné que cette question relevait des affaires internes françaises entre le gouvernement et le Parlement, et ne concernait pas l’Algérie à ce stade, sauf si elle devait devenir ultérieurement une position officielle du gouvernement français.

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