Nouvelle nomination à la tête de la sécurité intérieure en Algérie
L’institution sécuritaire algérienne a connu, jeudi soir, un changement majeur avec l’installation du général-major Mounir Zahi en tant que directeur général de la sécurité intérieure, en remplacement du général-major Abdelkader Aït Ouarabi, connu sous le nom de « général Hassan ».
La cérémonie d’installation a été présidée par le général d’armée Saïd Chengriha, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, au nom du président de la République, chef suprême des Forces armées et ministre de la Défense nationale.
Ce changement intervient dans un contexte marqué par une dynamique continue de réorganisation des appareils sécuritaires sensibles en Algérie, sur fond de défis régionaux et sécuritaires croissants.
Installation officielle et consignes militaires strictes
Le général d’armée Saïd Chengriha a supervisé la cérémonie officielle d’installation du général-major Mounir Zahi à la tête de la Direction générale de la sécurité intérieure, après lecture du décret présidentiel daté du 18 mai 2026 officialisant sa nomination.
Dans son allocution, Chengriha a affirmé que cette nomination s’inscrit dans le cadre du respect des lois militaires et des règlements en vigueur, appelant les cadres de l’institution à travailler sous l’autorité du nouveau responsable et à appliquer les instructions dans l’intérêt supérieur du pays, tout en rappelant les valeurs de sacrifice et de fidélité à l’héritage de la Révolution algérienne.
Le chef d’état-major a également présidé la cérémonie de passation de consignes avant de signer le registre d’or de la Direction générale de la sécurité intérieure.
Fin de fonctions d’Aït Ouarabi après moins d’un an
Le ministère de la Défense nationale n’a pas précisé les raisons officielles de la fin des fonctions du général-major Abdelkader Aït Ouarabi, dit « général Hassan ». Toutefois, plusieurs éléments indiquent qu’il a été relevé de ses fonctions le 18 mai 2026, moins d’un an après sa nomination.
Aït Ouarabi avait pris la tête de l’appareil le 25 mai 2025, dans une période qualifiée de sensible au regard des défis sécuritaires internes et régionaux. Il n’aura finalement pas achevé sa première année à ce poste, dans un contexte de changements rapides au sein de la direction du service ces dernières années.
Le poste a, en effet, été occupé successivement par plusieurs hauts responsables, parmi lesquels les généraux Djamel Kehal Medjdoub, Abdelkader Haddad, connu sous le nom de « Nacer El Djène », Abdelghani Rachedi et Wassini Bouazza, ce qui traduit, selon des observateurs, une restructuration permanente des services de sécurité intérieure.
Un long parcours dans la lutte antiterroriste
Le général-major Abdelkader Aït Ouarabi est considéré comme l’un des officiers ayant accumulé une longue expérience dans les domaines de la lutte antiterroriste et du renseignement militaire. Son nom a été associé à plusieurs dossiers sécuritaires sensibles depuis les années 1990.
Il s’est illustré dans les efforts menés par les services de sécurité algériens contre les groupes armés durant la décennie noire et les années 2000, travaillant notamment sous l’autorité de figures importantes du renseignement militaire.
En 2006, il avait été chargé de la coordination opérationnelle et du renseignement antiterroriste, fonction qu’il a occupée jusqu’à sa retraite en 2013.
Son nom est également revenu sur le devant de la scène après le démantèlement du Département du renseignement et de la sécurité (DRS) en 2015 et la réorganisation de l’appareil du renseignement algérien.
L’épisode carcéral du « général Hassan »
L’une des étapes les plus marquantes du parcours d’Abdelkader Aït Ouarabi remonte à la période ayant suivi la dissolution du DRS en 2015, lorsqu’il a fait l’objet de poursuites judiciaires militaires.
Arrêté en août 2015 pour des accusations liées à la destruction de documents et à la violation d’instructions militaires, il a été condamné en décembre de la même année par le tribunal militaire d’Oran à cinq ans de prison.
Il a purgé sa peine à la prison militaire de Blida avant d’être libéré en 2020.
Par la suite, son dossier a été réexaminé et il a bénéficié d’une nouvelle procédure judiciaire qui s’est soldée par l’annulation des charges retenues contre lui par la Cour de cassation militaire en 2021, ouvrant ainsi la voie à son retour progressif dans les cercles sécuritaires.
Mounir Zahi : un officier de l’armée de l’air formé aux États-Unis
Le nouveau directeur général de la sécurité intérieure, le général-major Mounir Zahi, est issu de l’armée de l’air et diplômé d’écoles militaires américaines, ce qui lui confère un profil mêlant expérience opérationnelle et ouverture sur la coopération internationale.
Avant sa nomination, il avait occupé plusieurs fonctions liées à la coopération militaire extérieure, notamment en coprésidant en 2023 le dialogue militaire conjoint entre l’Algérie et les États-Unis.
Il a également suivi des dossiers liés à la coordination bilatérale en matière de défense, dans le cadre du renforcement des relations militaires entre Alger et Washington.
Le général-major Mounir Zahi a participé à plusieurs réunions militaires de haut niveau entre les deux pays, centrées notamment sur le développement d’un mémorandum d’entente pour la coopération en matière de défense.
Une réorganisation du sommet sécuritaire
Si ce changement à la tête de la Direction générale de la sécurité intérieure suscite de nombreuses interrogations, plusieurs observateurs estiment qu’il s’inscrit dans la continuité de la politique de réorganisation de la hiérarchie des services de sécurité algériens.
Cette réorganisation intervient dans un contexte régional et international complexe, marqué par l’intensification des défis sécuritaires, notamment en matière de lutte contre le terrorisme et de coopération militaire internationale.