Moyen-Orient : l’Algérie redessine-t-elle la carte de ses exportations de gaz ?
L’Algérie avance avec prudence pour renforcer sa position sur le marché du gaz naturel liquéfié (GNL), profitant d’un climat international marqué par une montée des risques géopolitiques à la suite de l’agression américano-« israélienne » contre l’Iran.
La plateforme spécialisée « Énergie », citant ses sources, révèle que les autorités algériennes s’orientent vers un renforcement de leur présence sur le marché spot, en augmentant le rythme des expéditions de GNL dans les prochaines semaines. Cette stratégie s’appuie sur une capacité opérationnelle permettant une plus grande flexibilité dans l’orientation des exportations en fonction de l’évolution des prix.
Ce mouvement ne se limite pas à tirer parti des marges de prix, mais inclut également l’étude d’un éventuel redéploiement de certaines cargaisons vers des marchés arabes susceptibles de subir des tensions d’approvisionnement, en cas d’escalade militaire et de perturbation du transport maritime via les passages stratégiques.
Les mêmes sources évoquent la possibilité de rediriger des cargaisons vers l’Égypte, le Koweït, la Jordanie et Bahreïn, si ces pays en faisaient la demande.
Fermeture du détroit d’Ormuz
L’Iran a annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz à la navigation maritime, à la suite de vastes frappes aériennes menées par les États-Unis et « Israël » sur son territoire. Cette décision est considérée comme la plus grave pour les marchés énergétiques depuis des années, compte tenu de la position stratégique du détroit, véritable artère des flux mondiaux de pétrole et de gaz.
Environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole transite par le détroit d’Ormuz, soit entre 16,5 et 20 millions de barils par jour de brut, de condensats et de carburants, ce qui en fait le passage maritime le plus important au monde pour le transport de l’énergie.
Près de 20 % du commerce mondial de gaz naturel liquéfié y transite également. Les exportations des principaux pays du Golfe — l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït, l’Irak et l’Iran (membres de l’OPEP) — en dépendent, ainsi que le Qatar, qui y fait passer quasiment l’ensemble de sa production de GNL.