« Mon père a ses idées, j’ai les miennes ».. Aghour M’henni condamne le projet de division de l’Algérie
Dans des déclarations pouvant constituer un sérieux revers pour le chef du mouvement séparatiste en Algérie, Aghour M’henni, fils de Ferhat Mehni, président du mouvement terroriste « MAK », a affirmé son rejet total des idées et positions de son père, réaffirmant son attachement indéfectible à l’unité nationale algérienne.
S’exprimant lors d’une interview accordée à la chaîne publique Canal Algérie, diffusée vendredi soir, Aghour M’henni a expliqué avoir décidé de sortir de son silence afin de préserver son honneur et celui de sa famille face aux agissements de son père, exprimant son rejet catégorique de tout projet de division de l’Algérie.
Pour rappel, Ferhat M’henni avait annoncé, depuis son exil à Paris le 14 décembre courant, une prétendue indépendance de la région de Kabylie, en présence de représentants israéliens ayant affiché leur soutien à cette initiative.
Visiblement ému durant l’entretien, Aghour M’henni a déclaré être fier du parcours de sa famille durant la Guerre de Libération nationale. Il a rappelé que sa mère lui avait souvent parlé des sacrifices de ses ancêtres pour l’indépendance de l’Algérie, évoquant également le rôle héroïque joué par sa grand-mère durant la Révolution.
« Mon père a ses idées et j’ai les miennes. Tout au long de ma vie, ses choix et ses comportements ont lourdement pesé sur ma vie et celle de mes frères », a-t-il confié, ajoutant que les décisions et positions de son père lui ont fait payer un lourd prix sur les plans personnel et familial.
Aghour M’henni a insisté sur son rejet absolu des thèses séparatistes de son père, affirmant avoir souffert, avec ses frères et sœurs, des conséquences de ses prises de position. « Il est temps pour moi aussi d’annoncer mon indépendance vis-à-vis des idées de mon père, d’exprimer mon opinion et de me libérer de ses décisions », a-t-il déclaré.
Il a précisé que ses déclarations visaient à « laver son honneur et celui de sa famille des propos et décisions de son père », tout en défendant l’unité nationale. Il a également souligné que son père l’avait tenu à l’écart, depuis son enfance, de ses orientations politiques et de ses projets séparatistes, sans jamais l’y associer ni le consulter.
Aghour M’henni a affirmé s’être toujours tenu à distance des initiatives et discours de son père appelant à la division de l’Algérie, des positions qui, selon lui, lui causent une profonde douleur. Il a indiqué n’en prendre connaissance qu’occasionnellement, par l’intermédiaire de certains amis.
Il a par ailleurs souligné qu’au cours de sa vie en exil, il a grandi aux côtés d’Algériens issus de toutes les régions du pays, sans jamais ressentir de différences entre eux ni éprouver le besoin d’une quelconque partition du territoire national. Il a conclu en réaffirmant son attachement profond à ses racines algériennes, soulignant qu’il n’a jamais ressenti la moindre tentation séparatiste.
La récente apparition médiatique de Ferhat M’henni sur une chaîne classée à l’extrême droite a suscité une vive indignation, notamment après qu’il eut refusé de défendre l’honneur de son père biologique, pourtant inscrit par le journaliste l’interrogeant dans la catégorie des « terroristes ».
Dans la séquence largement relayée sur les réseaux sociaux, Ferhat M’henni a acquiescé aux propos du journaliste qualifiant le Front de Libération Nationale (FLN), fer de lance de la Révolution algérienne, d’« organisation terroriste ».
Cette attitude a choqué de nombreux observateurs, d’autant plus que le père de Ferhat M’henni est tombé en martyr durant la Guerre de Libération au sein du FLN, alimentant des accusations d’abandon de l’héritage historique et du devoir de mémoire familial.
Le projet séparatiste de Ferhat M’henni fait par ailleurs l’objet d’un rejet massif, y compris au sein même de la région de Kabylie, comme l’ont exprimé récemment plusieurs partis politiques, organisations et personnalités publiques.
Ancien chanteur et militant amazigh dans les années 1980, Ferhat M’henni tente aujourd’hui d’opposer la Kabylie au reste des Algériens en instrumentalisant les questions identitaires, malgré le fait que la Constitution algérienne ait tranché cette question en consacrant la langue amazighe comme langue nationale et officielle.
Par ailleurs, Ferhat M’henni, condamné par contumace à plusieurs peines de prison à perpétuité en Algérie, ne cache plus ses relations avec Israël, pays qu’il a visité à plusieurs reprises et dont il a publiquement affiché le soutien.
Ces derniers temps, il tente également d’exploiter les positions internationales de l’Algérie pour attiser l’hostilité occidentale à son égard, notamment en l’accusant, comme il l’avait déjà fait par le passé, de soutenir la Russie dans le conflit en Ukraine.