Mohammed VI envoie des messages « ciblés » aux autorités putschistes du Sahel
Le roi du Maroc, Mohammed VI, a adressé des messages "ciblés" aux autorités issues des coups d’État au Mali, au Niger et au Burkina Faso.
Selon un communiqué conjoint des ministres des Affaires étrangères des trois pays, ces derniers ont relevé l’intérêt particulier des messages envoyés par le souverain marocain, qualifiés de "ciblés", à Assimi Goïta, Ibrahim Traoré et Abdourahamane Tiani.
Le roi a reçu les ministres des Affaires étrangères du Mali, Abdoulaye Diop, du Niger, Bakary Yaou Sangaré, et du Burkina Faso, Karamoko Jean-Marie Traoré.
D’après le même communiqué, le souverain a exprimé sa volonté de renforcer les relations avec les pays du Sahel dans le cadre d’une coopération Sud–Sud.
Ces rencontres interviennent dans un contexte de forte tension diplomatique entre ces pays sahéliens et l’Algérie.
Lors de la réunion, Rabat a réitéré sa proposition de l’initiative royale, qualifiée de "fictive", lancée en 2023 sans qu’aucun progrès notable n’ait été enregistré.
Les trois ministres se sont engagés, toujours selon le communiqué, à accélérer cette initiative afin de permettre à leurs pays respectifs d’accéder à l’océan Atlantique.
Dans ce cadre, le ministre burkinabé Traoré a déclaré que l’initiative "intervient à un moment où les pays du Sahel subissent un isolement politique et économique".
De son côté, le ministre malien Diop a estimé que "la diversification de l’accès à la mer est devenue vitale pour nos trois pays".
Quant au ministre nigérien Sangaré, il a qualifié l’initiative de "précieuse opportunité qu’il ne faut pas laisser passer".
Bien que les trois pays ne partagent pas de frontières directes avec le Maroc, Rabat cherche à leur offrir un accès maritime via le territoire du Sahara occidental.
Le royaume espère ainsi obtenir une reconnaissance implicite de la "marocanité" du Sahara occidental en exploitant ce corridor.
Il convient de rappeler que l’initiative marocaine a été lancée en 2023, sans aboutir à des avancées concrètes depuis.
Mohammed VI a relancé ce dossier dans un contexte de crise entre l’Algérie et le Mali, qui tente de rallier le Niger et le Burkina Faso à sa position.
Il apparaît clairement que Rabat tente de tirer profit de la crise dans les pays du Sahel pour se rapprocher de régimes de transition en manque de légitimité.