Mohammed VI appelle Tebboune à un dialogue après la résolution de l’ONU sur le Sahara
Le roi du Maroc, Mohammed VI, a appelé, ce vendredi soir, le président Abdelmadjid Tebboune à engager un dialogue fraternel et sincère afin de surmonter les différends existants entre les deux pays et de bâtir de nouvelles relations fondées sur la confiance mutuelle, la fraternité et le bon voisinage.
Cet appel a été lancé dans un discours télévisé prononcé par le souverain marocain, quelques heures après l’adoption par le Conseil de sécurité des Nations unies d’une nouvelle résolution concernant le Sahara occidental.
Le roi Mohammed VI a déclaré que le Maroc tend la main à l’Algérie « afin de tourner la page du passé et d’ouvrir une nouvelle page de coopération constructive au service des deux peuples frères et de toute la région du Maghreb ».
Il a ajouté que le Maroc croit que seul un dialogue sincère peut permettre de dépasser les tensions et de rétablir la confiance entre les deux voisins, réaffirmant la volonté de son pays de relancer l’Union du Maghreb arabe sur la base de la coopération, de la complémentarité et du respect mutuel entre les cinq États membres.
Le roi Mohammed VI a également annoncé que le Maroc soumettra prochainement aux Nations unies une version mise à jour et détaillée de son plan d’autonomie, présentant une vision globale visant à élargir les pouvoirs de gestion locale dans les provinces du Sud, dans le cadre de la souveraineté marocaine, afin de renforcer le développement et d’assurer une large participation des habitants à la gestion de leurs affaires.
Cette annonce intervient après l’adoption par le Conseil de sécurité du projet de résolution présenté par les États-Unis concernant le Sahara occidental, lors d’une séance consacrée au vote de la résolution 2797, qui prolonge d’un an, jusqu’au 31 octobre 2026, le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO).
Le texte a été adopté par 11 voix pour, tandis que la Russie, la Chine et le Pakistan se sont abstenus. L’Algérie, pour sa part, a choisi de ne pas participer au vote, estimant que la résolution ne reflète pas les principes onusiens relatifs à la décolonisation.
Dans une déclaration antérieure, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait précisé que la fermeture des frontières entre l’Algérie et le Maroc n’avait aucun lien avec la question sahraouie, affirmant qu’elle était motivée par d’autres raisons. Il avait rappelé qu’« sur les 63 années d’indépendance, les frontières ont été fermées pendant plus de 45 ans ».
Le président avait ajouté, lors d’un discours prononcé au siège du ministère de la Défense nationale : « Nous devons parler avec des faits et non avec des mensonges. Nous refusons qu’on nous attribue de fausses accusations, tout comme nous ne cherchons pas à en inventer contre autrui. »