Maladies thyroïdiennes en Algérie : forte hausse, quelles causes et quels groupes à risque ?

Maladies thyroïdiennes en Algérie : forte hausse, quelles causes et quels groupes à risque ?

Le ministre de la Santé, Abdelhak Saihi, a révélé que les études épidémiologiques menées à l’échelle nationale indiquent une augmentation notable des maladies de la thyroïde, en particulier chez les femmes d’âge moyen.

En réponse à une question parlementaire, le ministre a expliqué que cette situation est liée à des facteurs environnementaux, génétiques et alimentaires.

Il a également souligné que la carence importante en iode dans plusieurs régions du pays, et ce, pendant une longue période, constitue l’une des causes principales de ces maladies.

Abdelhak Saihi a précisé que cela a nécessité l’adoption d’un programme national d’iodation universelle du sel comme stratégie de prévention, conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). À cet effet, des textes réglementaires ont été publiés en 1967 et 1990 pour imposer la vente exclusive de sel de table enrichi en iode. Ce programme a permis, selon lui, de réduire la prévalence des maladies thyroïdiennes.

Les maladies thyroïdiennes les plus fréquentes

Le ministre a indiqué que les principales maladies thyroïdiennes enregistrées à l’échelle nationale sont :

L’hypothyroïdie, due à une insuffisance de production des hormones thyroïdiennes ;

L’hyperthyroïdie, causée par une production excessive de ces hormones ;

Le goitre, particulièrement répandu dans les régions où la consommation d’iode est limitée ;

Le cancer de la thyroïde.

Il a cité une étude menée sur des patients atteints de cancer dans la wilaya d’Alger, révélant que le cancer de la thyroïde se classe au troisième rang des cancers les plus fréquents chez les femmes. Une autre étude sur les troubles de la fonction thyroïdienne a montré que l’hypothyroïdie constitue la majorité des cas, suivie de l’hyperthyroïdie.

Une étude sur la thyroïdite a par ailleurs confirmé que les femmes âgées de 40 à 60 ans représentent presque la totalité des cas.

Actuellement, des spécialistes de l’Institut national de santé publique mènent une enquête nationale pour évaluer l’état d’iodation chez les femmes enceintes, afin d’estimer l’ampleur de la carence en iode parmi les femmes en âge de procréer, conformément aux recommandations de l’OMS concernant l’apport optimal en iode pendant la grossesse.

Mesures de prévention

Le ministre a détaillé plusieurs mesures prises pour renforcer la prévention et assurer une meilleure prise en charge des malades :

Lancement d’un programme national en 2024 pour le dépistage des maladies thyroïdiennes chez les nouveau-nés ;

Organisation de sessions de formation pour les médecins afin d’améliorer le dépistage précoce des troubles thyroïdiens, notamment chez les femmes enceintes ;

Renforcement de la formation spécialisée en endocrinologie, chirurgie et oncologie ;

Coordination avec les ministères concernés pour établir un cadre réglementaire garantissant la qualité du sel iodé commercialisé, et protéger les groupes les plus vulnérables, comme les femmes enceintes et les enfants ;

Campagnes de sensibilisation pour encourager la consommation de sel iodé.

Il a ajouté que les efforts se poursuivent dans le cadre d’une stratégie multisectorielle, afin d’assurer :

le contrôle de la qualité du sel de consommation domestique,

le respect des normes internationales en matière d’iodation,

le renforcement de la surveillance épidémiologique à travers la création d’une base de données nationale,

des études régionales régulières ciblant les zones à risque,

et une cartographie nationale des carences en iode.

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