Macron admet l’horreur des massacres de 1945, sans aller jusqu’à l’aveu de responsabilité
La France commémore chaque année, le 8 mai, l’anniversaire de la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie. En revanche, l’Algérie se recueille, le même jour, à la mémoire des massacres du 8 mai 1945, perpétrés par le colonisateur français, et considérés comme l’un des crimes les plus atroces du XXe siècle.
Dans un discours prononcé à l’occasion de la cérémonie marquant le 80e anniversaire de la victoire des Alliés, le président français Emmanuel Macron a qualifié les massacres du 8 mai 1945 en Algérie de « violences et massacres effroyables annonciateurs de ce qui allait suivre : Sétif, Béjaïa, la région de Kherrata, Guelma en Algérie, mais aussi en Syrie… ».
S’exprimant sous l’Arc de Triomphe, sur les Champs-Élysées à Paris, le président français a souligné que ces massacres avaient été commis par les forces coloniales françaises en Algérie, sans toutefois évoquer la responsabilité de la France ni présenter d’excuses officielles au nom de l’État français.
Jeudi dernier, les autorités françaises ont annulé une cérémonie prévue à Paris pour déposer une gerbe en hommage aux victimes des massacres du 8 mai 1945. Et ce, malgré une planification préalable à l’initiative de plusieurs élus issus de différentes sensibilités politiques.
Malgré ce silence officiel à Paris, l’Algérie a accueilli une délégation française composée de 30 personnalités politiques, dont des députés et sénateurs, venus participer aux commémorations du 80e anniversaire des massacres. Une scène qui illustre une contradiction manifeste du côté français, entre reconnaissance symbolique à l’extérieur et déni politique à l’intérieur.
Dans un autre contexte, Emmanuel Macron a souligné que les Européens ont été récemment témoins du retour du « spectre de la guerre », de l’impérialisme, de comportements autoritaires et de nouvelles atteintes aux droits des nations, faisant allusion à la guerre russo-ukrainienne.
Il a également affirmé qu’il ne cesserait jamais de défendre la paix, alors que le continent européen fait face à un retour des menaces guerrières.
Chaque année, l’Algérie commémore les massacres du 8 mai 1945, lorsque les forces coloniales françaises ont réprimé dans le sang des marches pacifiques organisées par des Algériens à Sétif, Guelma et Kherrata, pour réclamer l’indépendance. Selon les estimations algériennes, ces violences ont fait des dizaines de milliers de morts civils, dans l’un des massacres les plus barbares de l’histoire coloniale moderne.
Malgré les huit décennies écoulées, ce dossier reste une blessure vive dans la mémoire collective algérienne, et constitue l’un des sujets les plus sensibles dans les relations entre l’Algérie et la France, cette dernière n’ayant toujours pas reconnu officiellement l’ampleur des crimes commis.