Litige Sénégal–Maroc : un expert juridique démonte la décision de la CAF
Les regards se tournent vers le Tribunal arbitral du sport (TAS), appelé à trancher la décision de la Confédération africaine de football (CAF) de retirer le titre de la Coupe d’Afrique des nations au Sénégal au profit du Maroc, après l’annonce par Dakar de son intention de faire appel devant la juridiction sportive.
La commission d’appel de la CAF avait annulé la victoire du Sénégal face au Maroc en finale, estimant que le retrait des joueurs du terrain en signe de protestation contre l’arbitrage constituait une infraction justifiant l’attribution du match au Maroc sur le score de 3-0, malgré la reprise ultérieure de la rencontre et son achèvement.
Cependant, l’arbitre sportif Raymond Hack penche en faveur du Sénégal dans ce litige, affirmant que seul l’arbitre est habilité à mettre fin à un match.
Dans des déclarations à la plateforme ESPN, Hack a insisté sur le fait que la poursuite du match jusqu’à son terme annule tout fondement juridique permettant d’en invalider le résultat.
Il a également souligné que la sélection marocaine n’avait émis aucune réserve officielle avant la fin de la rencontre, bien qu’elle ait disputé les prolongations.
Selon lui, la décision de la CAF manque de base juridique solide, notamment à la lumière de précédents similaires, en particulier l’affaire de la finale de la Ligue des champions africaine 2019, où le TAS avait considéré les décisions de l’arbitre comme définitives et non révisables.
Hack a aussi critiqué l’application des règlements, estimant que l’article 84 ne s’applique qu’en cas de violation conjointe des articles 82 et 83, ce qui ne correspond pas au cas du Sénégal, susceptible d’avoir enfreint une seule disposition.
Dans ce contexte, les chances du Sénégal d’obtenir gain de cause en appel semblent élevées, dans l’attente de la décision finale du TAS, qui pourrait rétablir le résultat de la finale et clore la controverse.