Les États-Unis imposent de lourds droits de douane sur l'acier de construction algérien

 Les États-Unis imposent de lourds droits de douane sur l’acier de construction algérien

Le ministère américain du Commerce a imposé des droits provisoires de 127 % sur les importations d’acier de construction provenant d’Algérie, suite à une enquête préliminaire concluant que le produit algérien était vendu sur le marché américain à des prix inférieurs à sa « valeur normale ».

Cette décision est immédiatement applicable, constituant un coup dur pour l’un des principaux produits industriels algériens destinés à l’exportation en dehors du secteur des hydrocarbures.

Le ministère du Commerce devrait publier sa décision finale, qui pourrait modifier le taux des droits antidumping, dans les 75 prochains jours.

Cette mesure vise toutes les exportations algériennes d’acier de construction, notamment les produits de la société “Tosyali Algérie”, le plus grand producteur et exportateur du pays, ainsi que les autres producteurs.

Selon cette décision, les importateurs américains doivent déposer des garanties financières équivalentes à la valeur des droits au moment d’introduire toute cargaison sur le marché américain, d’après le site de la société américaine “CMC”.

Cette évolution fait suite à une plainte déposée par le « Rebar Trade Action Coalition » (RTAC), regroupant plusieurs acteurs de l’industrie sidérurgique américaine, qui a accusé l’Algérie, ainsi que la Bulgarie, l’Égypte et le Vietnam, de pratiques de dumping et de bénéficier de subventions publiques contraires aux règles du commerce international.

Les plaignants ont estimé que ces importations avaient causé de graves dommages aux producteurs locaux en faisant pression sur les prix et en menaçant des emplois.

Selon le ministère américain du Commerce, la décision couvre un large éventail de produits, incluant les barres d’acier de construction de toutes tailles et configurations, qu’elles soient coupées, moulées, galvanisées, revêtues ou peintes, même si certaines transformations industrielles ont lieu dans un pays tiers.

Les entreprises sidérurgiques américaines ont salué cette décision. Le directeur général de “Commercial Metals” (CMC), Peter Matt, a estimé que ce jugement représentait « une défense du commerce équitable et la protection des producteurs d’acier locaux ».

Pour l’Algérie, le marché américain reste une destination importante pour les exportations d’acier, malgré une baisse notable ces dernières années.

Les exportations algériennes d’acier de construction vers les États-Unis ont atteint un pic en 2023 à environ 485 000 tonnes, avant de chuter à environ 100 000 tonnes en 2024, reflétant déjà un recul avant l’imposition des nouveaux droits.

L’acier de construction constitue un pilier de la stratégie algérienne visant à diversifier l’économie et réduire la dépendance aux hydrocarbures, notamment grâce aux investissements importants réalisés par des groupes industriels tels que “Tosyalı” et la société algéro-qatari pour l’acier (AQS) afin de développer une production compétitive destinée à l’exportation.

Malgré ce revers, les producteurs algériens disposent encore d’alternatives, incluant les marchés africains, du Moyen-Orient et certains pays européens, bien que ceux-ci soient également très concurrentiels.

Cette décision pourrait pousser les entreprises algériennes à accélérer la diversification de leurs destinations d’exportation et à renforcer leur présence sur les marchés régionaux.

Il convient de noter que la décision américaine reste provisoire mais exécutoire, en attendant le jugement final attendu en mars 2026.

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