Le régime militaire au Niger intensifie sa répression contre les journalistes

Le régime militaire au Niger intensifie sa répression contre les journalistes

Les autorités putschistes au Niger ont arrêté trois journalistes, les accusant de complicité dans la diffusion d’un document susceptible de troubler l’ordre public.

Selon l’Agence France-Presse (AFP), l’affaire concerne la fuite d’une invitation émise par le « Fonds de solidarité » — un organisme créé par les autorités militaires pour mobiliser un soutien financier populaire au régime — adressée à la chaîne Sarounia pour assister à une conférence de presse.

L’invitation a circulé sur les réseaux sociaux et a été utilisée par des proches du président déchu Mohamed Bazoum pour critiquer le conseil militaire, ce que les autorités ont considéré comme une atteinte à l’ordre public.

D’après la même source, les trois journalistes arrêtés sont Ibro Chaïbou, journaliste à la chaîne Sarounia TV, Youssouf Seriba, directeur du site Échos du Niger, et Oumar Kani, directeur du journal Le Hérisson.

Ils ont été placés à la prison de Kolo, située à une cinquantaine de kilomètres au sud de Niamey, après avoir été interpellés avec plusieurs autres journalistes.

Parmi les personnes arrêtées figurait également Moussa Kaka, directeur de la chaîne Sarounia et ancien correspondant de Radio France Internationale (RFI), qui a été libéré quelques heures plus tard, en même temps que trois autres journalistes.

Il convient de rappeler que les autorités putschistes ont renforcé les restrictions visant la presse et la société civile depuis leur prise de pouvoir en juillet 2023, sous la direction du général Abdourahamane Tiani.

En septembre dernier, le journaliste Hassan Zada a été condamné à 30 mois de prison pour « outrage au chef du régime », tandis qu’Ali Soumana, directeur du journal Le Courrier, a été arrêté pour diffamation à la suite d’une plainte du Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine.

Ces développements illustrent le climat répressif qui règne dans le pays, marqué par un recul de la liberté de la presse. Le Niger a en effet perdu trois places dans le classement mondial 2025 de Reporters sans frontières, se situant désormais à la 83ᵉ position sur 180 pays.

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