Le président Tebboune alerte sur une nouvelle forme de fraude dans le commerce extérieur
La diffusion de l’entretien périodique du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avec les représentants des médias nationaux est prévue ce samedi soir à partir de 21h, sur les chaînes de télévision et de radio publiques.
La présidence de la République a publié sur sa page officielle Facebook un extrait vidéo de cet entretien, dans lequel le président aborde plusieurs dossiers économiques, politiques et régionaux ayant suscité un large intérêt.
Parmi les points marquants de ses déclarations, le chef de l’État a évoqué la persistance de pratiques frauduleuses dans le domaine des importations, après que l’État a réussi à lutter contre les réseaux de surfacturation.
Dans ce contexte, le président a déclaré : « J’en ai fini avec la bande qui pratiquait la surfacturation, et je me retrouve face à une autre bande qui pratique la sous-facturation », faisant référence au recours de certains opérateurs à la réduction des valeurs déclarées des factures afin de contourner la loi et transférer illicitement des fonds.
Cette déclaration s’inscrit dans la continuité de précédents propos du président concernant le phénomène de surfacturation des importations, utilisé — selon lui — comme couverture légale pour le transfert de devises à l’étranger et pour profiter des écarts de taux de change, ce qui a contribué à l’érosion des réserves de change.
En juin 2023, le ministre du Commerce et de la Promotion des exportations de l’époque, Tayeb Zitouni, avait révélé que la surfacturation des importations pouvait atteindre 50 %, affirmant que l’Algérie « a connu une phase de transferts de fonds colossaux inimaginables à travers ce phénomène ».
Zitouni avait également souligné que « l’importation n’est ni un défaut ni un péché », tout en insistant sur la nécessité qu’elle soit « rationnelle », menaçant de poursuites judiciaires les opérateurs persistant dans « une logique de bande ».
Le dossier rappelle aussi le succès des autorités en 2021, lorsqu’elles ont réussi à stopper la fuite d’environ 8 milliards de dollars vers l’étranger, qui résultait de la surfacturation des biens importés.
Concernant le secteur de l’énergie, le président a évoqué l’annonce du retrait des Émirats arabes unis de l’OPEP et de l’alliance « OPEP+ » à partir du 1er mai prochain, estimant que cette décision « n’est pas un événement ».
Il a déclaré : « Le pilier fondamental de l’OPEP est le Royaume d’Arabie saoudite frère. Le discours est clos et le chapitre est tourné. »
Le président a également abordé la question de la visite de Sa Sainteté le Pape, affirmant : « Sa Sainteté le Pape ne m’a transmis aucun message particulier, car il est parfaitement et précisément informé de ce qui se passe en Algérie ».
Il a ajouté : « Il a mis fin au mythe du colonisateur selon lequel c’est lui qui a créé l’Algérie. Le Pape l’a déclaré publiquement : l’Algérie est enracinée dans l’histoire depuis Saint Augustin et bien avant. »
Sur le plan politique interne, le président a appelé les femmes à s’engager davantage en politique :
« La femme doit investir le champ politique, non pas en tant que femme, mais parce qu’elle a des idées ».
Il a également insisté sur la garantie de la transparence électorale, affirmant : « J’interdis formellement à l’administration d’intervenir dans le fond des élections ».
Enfin, concernant les relations avec le Mali, il a déclaré : « Nous parlons avec le cœur, car nous aimons le Mali ».