La fumée des incendies, un danger majeur pour les personnes souffrant d’asthme
L’Algérie a enregistré 195 incendies au cours des dernières 24 heures. Les services de la Protection civile sont parvenus à en maîtriser 142, tandis que les opérations se poursuivent pour éteindre les foyers encore actifs.
Ces incendies constituent une véritable catastrophe environnementale, menaçant la couverture végétale, la faune et la sécurité des populations.
Parmi les personnes les plus exposées figurent les personnes âgées, les enfants et les patients souffrant de maladies respiratoires, notamment l’asthme. La fumée des incendies, qui contribue également à l’augmentation des températures, aggrave considérablement leurs difficultés respiratoires.
Mohamed Zein, un enfant de dix ans, a confié à la plateforme Awras qu’il souffre quotidiennement d’essoufflement. Il ressent une oppression thoracique, parfois des douleurs à la poitrine, accompagnées d’une sensation d’étouffement et de quintes de toux répétées.
Son état s’aggrave particulièrement durant la nuit. Avec des mots d’enfant, il explique qu’il lui arrive de ne plus savoir comment respirer, une situation qui lui provoque une fatigue et un épuisement importants.
Bien que Mohamed Zein vive loin des zones touchées par les incendies, la situation est encore plus préoccupante pour les habitants des régions directement affectées par les flammes.
Un danger accru pour les personnes asthmatiques
Avec la multiplication des feux de forêt en été, les études scientifiques et médicales alertent sur les effets nocifs de la fumée. Celle-ci ne se contente pas de dégrader la qualité de l’air : elle représente une menace directe pour les personnes asthmatiques.
La fumée contient des particules fines (PM2.5) de moins de 2,5 micromètres, capables de pénétrer profondément dans les voies respiratoires jusqu’aux alvéoles pulmonaires. Elle renferme également des gaz toxiques, tels que le monoxyde de carbone, les oxydes d’azote et des composés organiques volatils, susceptibles de provoquer des inflammations, de rétrécir les voies respiratoires et de déclencher des crises d’asthme nécessitant parfois une prise en charge médicale urgente.
Par ailleurs, les coupures d’électricité peuvent compliquer la situation des patients dépendants d’appareils d’assistance respiratoire. En Tunisie, cinq personnes sont décédées après une panne de courant ayant interrompu le fonctionnement de leurs appareils respiratoires à domicile, dont une patiente atteinte d’un cancer.
Des symptômes pouvant devenir une urgence
Les premiers signes se manifestent généralement par une toux persistante, une respiration sifflante et une sensation d’oppression ou de douleur thoracique. Chez certains patients, ces symptômes peuvent évoluer vers une crise d’asthme sévère caractérisée par une grande difficulté à respirer, l’incapacité de parler normalement et une faible efficacité du bronchodilatateur de secours.
Les mesures de prévention recommandées
Les médecins conseillent aux personnes asthmatiques de limiter leur exposition à la fumée en adoptant plusieurs précautions :
– Fermer hermétiquement les fenêtres et les portes pour empêcher l’entrée de l’air pollué.
– Utiliser la climatisation en mode recyclage de l’air intérieur (Recirculation).
– Éviter les activités qui augmentent la pollution de l’air à l’intérieur du domicile, comme brûler de l’encens, fumer, faire des fritures ou passer l’aspirateur.
– En cas de sortie indispensable, porter un masque capable de filtrer les particules fines, en sachant que les masques chirurgicaux ou en tissu n’offrent pas une protection suffisante contre la fumée.
Les spécialistes recommandent également de garder en permanence son inhalateur de secours, comme le Ventoline, de suivre rigoureusement le traitement de fond à base de corticoïdes inhalés selon les prescriptions médicales et de consulter son médecin si un ajustement du traitement s’avère nécessaire durant la saison des incendies.
Que faire en cas de crise d’asthme ?
En cas de crise, il est conseillé de s’asseoir en position droite afin de faciliter la respiration, puis d’utiliser l’inhalateur de secours conformément à la dose prescrite.
Si l’état ne s’améliore pas après 5 à 10 minutes, une nouvelle administration peut être effectuée selon les recommandations du médecin.
En revanche, si les difficultés respiratoires persistent, si les lèvres ou les ongles deviennent bleutés, ou si la personne est incapable de prononcer des phrases complètes, il est impératif d’appeler les secours ou de se rendre immédiatement au service des urgences le plus proche, ces signes pouvant révéler une crise d’asthme grave nécessitant une intervention médicale immédiate.