La droite française recule à la dernière minute.. pourquoi le retrait d’une résolution sur l’Algérie ?
Les députés du parti Union de la droite républicaine, dirigé par Éric Ciotti, ont retiré de l’ordre du jour de leur journée parlementaire une résolution appelant à l’abrogation des accords de 1968 et 2013 avec l’Algérie, en raison des récents développements judiciaires concernant l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal.
Ce texte, sans valeur législative, appelait le gouvernement français à revenir notamment sur l’accord de 1968, qui accorde aux Algériens des privilèges spécifiques en matière de circulation, de séjour et de travail.
La résolution devait être présentée jeudi à l’Assemblée nationale, dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes entre Paris et Alger. Mais Éric Ciotti a fait volte-face à la dernière minute, justifiant ce retrait par la volonté de ne pas compromettre les efforts en faveur de la libération de Boualem Sansal.
Lors de l’ouverture des débats, Ciotti a précisé qu’il ne s’agissait pas d’une volonté de rompre les relations avec l’Algérie, mais plutôt de réinstaurer un dialogue équilibré.
Le député des Alpes-Maritimes a déclaré :
"Ce débat parlementaire intervient à quelques jours seulement du verdict, prévu le 1er juillet, dans l’affaire de notre compatriote Boualem Sansal. Notre objectif est sa libération. Cet homme de lettres, cette voix de paix, mérite notre soutien. Il est de notre devoir d’empêcher que sa souffrance se prolonge."
Malgré le retrait du texte, Ciotti n’exclut pas de le réintroduire lors de la prochaine session parlementaire à l’automne, ce qui pourrait relancer les tensions avec Alger.
De son côté, le ministre délégué au Commerce extérieur et aux Français de l’étranger, Laurent Saint-Martin, a salué la décision, y voyant un "signe positif en faveur de l’apaisement", insistant sur la nécessité d’éviter toute escalade qui pourrait compromettre les efforts diplomatiques en cours.
Mardi, le parquet a requis dix ans de prison contre Boualem Sansal lors de son audience devant la cour d’appel d’Alger.
Il avait été condamné le 27 mars à cinq ans de prison pour des propos jugés attentatoires à l’unité nationale.
L’écrivain, âgé de 80 ans, avait accordé en octobre 2024 une interview au journal d’extrême droite "Frontière", dans laquelle il affirmait que l’Algérie aurait hérité de territoires anciennement marocains sous la colonisation française.
Boualem Sansal est incarcéré depuis la mi-novembre 2024.