La demande de gaz en Algérie s'accélère sous l'effet de la croissance résidentielle et agricole

La demande de gaz en Algérie s’accélère sous l’effet de la croissance résidentielle et agricole

La Commission de régulation de l’électricité et du gaz (CREG) a lancé des signaux d’alerte concernant l’accélération de la consommation de gaz sur le marché intérieur. Depuis 2024, celle-ci dépasse le seuil d’un milliard de mètres cubes par semaine, un niveau qui traduit une pression croissante sur le système énergétique national.

Le rapport prospectif couvrant la période 2026-2035 s’appuie sur des données indiquant que cette tendance se poursuivra au cours de la prochaine décennie. Cette hausse est principalement portée par l’expansion de la production d’électricité, qui repose presque exclusivement sur le gaz naturel, mais aussi par le développement de l’activité industrielle et l’augmentation du taux de raccordement des ménages aux réseaux publics de distribution de gaz.

Une consommation en hausse constante

Les données révèlent que la consommation nationale de gaz naturel a suivi une trajectoire nettement ascendante au cours des dix dernières années, passant de 36,89 milliards de mètres cubes en 2014 à 53,41 milliards de mètres cubes en 2024.

Cette évolution correspond à un taux de croissance annuel moyen d’environ 3,8 %, confirmant une progression continue de la demande intérieure.

En 2025, la consommation a poursuivi sa hausse pour atteindre des niveaux records dépassant 56 milliards de mètres cubes, tandis que certaines estimations la situent à 57,27 milliards de mètres cubes. L’Algérie a ainsi franchi le seuil des 50 milliards de mètres cubes pour la quatrième année consécutive.

L’électricité, principal moteur de la demande

Le secteur de la production d’électricité demeure le principal facteur influençant la consommation de gaz en Algérie, le pays dépendant à près de 99 % du gaz naturel pour la production d’électricité et le chauffage.

Cette forte dépendance signifie que toute augmentation de la demande électrique entraîne automatiquement une hausse de la consommation nationale de gaz.

Toutefois, malgré son rôle central, la consommation de gaz destinée à la production d’électricité et au chauffage a reculé en 2025 à 19,27 milliards de mètres cubes, contre 22,91 milliards en 2024. Cette évolution montre que la croissance globale de la demande provient également d’autres secteurs, notamment l’industrie et les activités pétrolières.

Depuis le début de l’année 2026, les indicateurs de consommation dans ce secteur sont de nouveau orientés à la hausse.

Industrie et consommation résidentielle en progression

Parallèlement au secteur électrique, l’industrie a enregistré une augmentation graduelle de sa consommation de gaz, passant de 12,83 à 14,87 milliards de mètres cubes au cours de la dernière décennie.

Le secteur de la distribution publique de gaz, lié à la consommation résidentielle, affiche quant à lui la croissance la plus importante. Sa consommation est passée de 9,04 à 15,36 milliards de mètres cubes sur la même période.

Cette hausse s’explique notamment par l’extension des réseaux de distribution, l’augmentation du taux de raccordement des ménages au gaz naturel, passé de 53 % à 66 %, ainsi que par les conditions climatiques et l’arrivée de nouveaux abonnés.

Cette progression de la demande intérieure s’accompagne d’un recul des exportations de gaz algérien, qui sont tombées à 45,7 milliards de mètres cubes en 2025, contre 49,29 milliards en 2024.

Une production fluctuante malgré des signes de reprise

Du côté de l’offre, la production de gaz en Algérie a diminué en 2025 à 101,84 milliards de mètres cubes, contre 104,49 milliards en 2024, après avoir atteint un pic de 104,9 milliards de mètres cubes en 2023.

Malgré cette baisse, les premiers mois de 2026 ont montré des signes encourageants de reprise, avec des niveaux de production soutenus en janvier et février, laissant entrevoir une récupération progressive des capacités de production si les investissements se poursuivent.

Les scénarios à l’horizon 2035

Selon les prévisions de la CREG, l’évolution de la demande de gaz en Algérie au cours de la prochaine décennie dépendra de trois scénarios principaux.

Scénario de référence : consommation d’environ 84 milliards de mètres cubes en 2035.
Scénario de forte croissance : près de 102 milliards de mètres cubes par an.
Scénario de faible croissance : environ 69 milliards de mètres cubes.

Les besoins cumulés du marché national entre 2026 et 2035 pourraient ainsi varier entre 685 et 880 milliards de mètres cubes selon le rythme de croissance retenu.

Les données historiques montrent que la demande de gaz en Algérie a augmenté de plus de 178 % depuis l’an 2000, confirmant une tendance structurelle de long terme alimentée par des facteurs démographiques, industriels et économiques.

Face à cette croissance continue, l’Algérie prévoit de mettre en œuvre un vaste programme d’investissement dans le secteur énergétique, estimé entre 50 et 60 milliards de dollars. Ce programme vise à renforcer les capacités de production de pétrole et de gaz, moderniser les infrastructures énergétiques, répondre à la demande intérieure croissante et préserver les capacités d’exportation, essentielles à l’économie nationale.

Newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire pour ne rien manquer ! Recevez les dernières mises à jour, offres exclusives et informations passionnantes directement dans votre boîte de réception. Inscrivez-vous maintenant!

Abonnez-vous