L'Espagne autorise l'accostage aux îles Canaries d'un navire contaminé par le virus Hantavirus

L’Espagne autorise l’accostage aux îles Canaries d’un navire contaminé par le virus Hantavirus

Les autorités espagnoles ont autorisé un navire de croisière confronté à une grave épidémie du virus « Hantavirus » à accoster aux îles Canaries, après une coordination internationale urgente avec l’Organisation mondiale de la santé et l’Union européenne, dans un contexte d’enquêtes épidémiologiques approfondies sur la possibilité d’une transmission entre passagers à bord du navire, qui a déjà enregistré des décès et des cas critiques.

Le navire concerné, le « Hondius », effectuait une longue expédition partie du sud de l’Argentine début avril 2026, traversant des zones isolées du sud de l’océan Atlantique, avant de se diriger vers les côtes du Cap-Vert, avec à son bord environ 147 personnes de différentes nationalités, entre passagers et membres d’équipage.

Propagation du virus à bord du navire

La crise sanitaire a commencé quelques jours après le départ, lorsque l’équipe médicale à bord a enregistré un premier cas présentant des symptômes graves, notamment une forte fièvre, de violentes céphalées et des troubles digestifs, avant une détérioration rapide évoluant vers une insuffisance respiratoire aiguë ayant entraîné le décès du patient à bord.

Par la suite, un deuxième cas a été signalé chez une femme ayant été en contact direct avec le premier patient. Elle a développé des symptômes similaires lors de son transfert vers l’Afrique du Sud, mais est décédée à son arrivée à l’hôpital. Les analyses de laboratoire ont ensuite confirmé une infection par le virus « Hantavirus ».

Un troisième cas critique a également été enregistré chez un homme évacué en urgence médicale vers l’Afrique du Sud, toujours en soins intensifs, ainsi qu’un quatrième cas concernant une femme décédée après l’apparition rapide de symptômes respiratoires sévères.

En outre, trois cas suspects ont été détectés à bord du navire, présentant de la fièvre et des symptômes digestifs ou respiratoires d’intensité variable.

Enquêtes sanitaires internationales complexes

L’Organisation mondiale de la santé a confirmé que les enquêtes se poursuivent en coordination avec plusieurs pays impliqués dans la gestion de la crise, notamment l’Espagne, l’Afrique du Sud, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Des analyses d’échantillons et un séquençage génétique du virus sont en cours afin d’identifier précisément son origine et sa souche.

Les premières données suggèrent que certains passagers auraient pu être contaminés lors d’escales dans des zones naturelles isolées au cours du voyage, où la présence de rongeurs porteurs du hantavirus est probable. Ce virus est principalement transmis par inhalation de particules contaminées par l’urine, les déjections ou la salive de rongeurs. La transmission interhumaine reste rare, mais a été observée dans certaines souches en Amérique du Sud.

Un suivi complet de l’itinéraire du navire et des déplacements des passagers est également en cours, ainsi que l’identification de tous les contacts potentiels, en particulier ceux ayant quitté le navire lors d’escales précédentes ou ayant poursuivi leur voyage par avion vers d’autres pays.

Mesures d’urgence et isolement sanitaire

Après l’autorisation d’accostage, les autorités sanitaires ont imposé des mesures strictes, notamment l’isolement des passagers dans leurs cabines, l’interdiction des contacts directs et la mise en place de protocoles de surveillance médicale quotidienne avec des contrôles réguliers.

Des opérations de désinfection renforcées ont également été menées à bord, accompagnées d’une amélioration de la ventilation et de mesures préventives strictes. Des évacuations médicales des cas graves vers des hôpitaux spécialisés ont été organisées, tandis que des échantillons biologiques ont été envoyés à des laboratoires de référence internationaux pour confirmation.

L’Organisation mondiale de la santé a indiqué que son évaluation initiale conclut à un risque mondial encore faible, tout en soulignant la nécessité d’une surveillance étroite en raison de la sensibilité de la situation et de la rapidité d’évolution des cas.

Le hantavirus est classé parmi les maladies virales rares mais graves. Il peut entraîner, dans ses formes sévères, un syndrome pulmonaire aigu et une insuffisance respiratoire rapide, nécessitant une prise en charge en soins intensifs, sans traitement spécifique actuellement validé.

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