L’APN approuve la loi de finances 2026 malgré l’opposition et les critiques
Le Parlement algérien a adopté aujourd’hui la loi de finances pour 2026, qui prévoit le budget le plus important de l’histoire du pays, d’un montant d’environ 135 milliards de dollars, tandis que le groupe parlementaire d’opposition a voté contre le projet.
Les députés ont introduit plusieurs amendements pour améliorer les recettes publiques et offrir des incitations supplémentaires en faveur des jeunes entrepreneurs, selon l’Agence de presse officielle. Certaines formations parlementaires ont exprimé leur étonnement face au rejet de leurs amendements proposés.
Le vote s’est déroulé lors d’une séance plénière présidée par le président de l’Assemblée populaire nationale, Ibrahim Bougali, en présence du ministre des Finances, Abdelkader Boulzard, et de plusieurs membres du gouvernement.
Nouveaux amendements
Lors de la séance, 12 propositions issues du rapport complémentaire de la Commission des finances et du budget ont été soumises au vote, incluant la modification d’articles existants et l’introduction de nouveaux.
Parmi les principales mesures adoptées :
– Introduction de l’article 50 bis : instauration d’une augmentation modérée de 400 DZD sur la taxe appliquée aux billets de transport international aérien et maritime pour les résidents, afin de renforcer la trésorerie et d’améliorer durablement les recettes.
– Modification de l’article 89 relatif au règlement fiscal volontaire exceptionnel, permettant aux personnes physiques et morales non conformes à leurs obligations fiscales de régulariser leur situation avant le 31 décembre 2026, via une déclaration simplifiée et soumission à un impôt libératoire de 8 %, sans pénalités.
– Introduction de l’article 134 bis : prolongation de l’exonération de TVA et réduction des droits de douane sur l’importation de viandes blanches congelées jusqu’à la fin 2026, visant à les rendre disponibles à des prix abordables et à réguler le marché national.
– Modification de l’article 158 concernant les zones d’activités pour les jeunes, avec mise en place d’un mécanisme donnant aux maires le pouvoir d’accorder des privilèges sur les terrains, ou d’en autoriser le transfert ou l’annulation.
Les députés ont également approuvé la modification de la formulation de 11 autres articles, ainsi que l’amendement de l’article 45, tandis que la modification de l’article 136 bis a été rejetée et maintenue telle quelle.
L’opposition vote contre le projet
Le seul groupe parlementaire d’opposition, représenté par le Mouvement de la société pour la paix a voté contre le projet de loi de finances après que le bureau de l’Assemblée ait rejeté la majorité des amendements proposés par ses députés.
Le groupe a exprimé son mécontentement face au rejet de ces amendements sans justification légale claire, bien qu’ils visaient, selon lui, à protéger le pouvoir d’achat des citoyens, assurer une plus grande justice fiscale, garantir un équilibre financier et soutenir le développement économique durable.
Le groupe a souligné que « le rejet préalable des amendements de manière administrative va à l’encontre du comportement démocratique qui sous-tend le travail parlementaire et affaiblit le débat démocratique au sein de l’organe législatif ».
Le projet de loi avait suscité une large vague de critiques au Parlement, notamment en raison de ce que certains députés ont qualifié de « déficit record » dans le budget, atteignant environ 54 %, ce qu’ils considèrent comme un indicateur préoccupant des déséquilibres financiers de l’État.