L’ambassade d’Algérie en France dénonce des incidents visant le pavillon algérien à l’UNESCO
L’ambassade d’Algérie en France a condamné ce qu’elle a qualifié d’« agression odieuse » ayant visé, mercredi dernier, le pavillon algérien installé au siège de l’UNESCO, dans le cadre des activités de la « Semaine de l’Afrique 2026 ».
Dans son communiqué, l’ambassade a affirmé que ces actes constituent un comportement inacceptable, en contradiction avec les valeurs culturelles et civilisationnelles qui fondent les manifestations internationales, en particulier celles organisées sous l’égide de l’UNESCO, lesquelles doivent être un espace de dialogue, d’échange culturel et de respect des spécificités et du patrimoine des peuples.
La représentation diplomatique algérienne a réitéré son soutien total et inconditionnel aux exposants algériens participant à l’événement, estimant qu’ils jouent un rôle important dans la promotion et la préservation du patrimoine culturel algérien à l’échelle internationale.
Elle a également annoncé son intention de prendre « toutes les mesures nécessaires » pour protéger les ressortissants algériens et garantir que les auteurs d’actes de violence ou d’incitation ne restent pas impunis.
Cette réaction intervient après la diffusion sur les réseaux sociaux de vidéos montrant des participants au sein du pavillon algérien victimes de provocations et de menaces directes, ainsi que de plusieurs affrontements, dans un climat de chaos et de tension au sein de l’exposition.
Les enregistrements montrent également un individu s’exprimant en dialecte marocain proférant des menaces à l’encontre d’une femme filmant la scène, tout en agressant d’autres femmes portant le costume traditionnel algérien.
Il convient de rappeler que ce type de tensions n’est pas inédit : lors des dernières semaines, le Salon international de Paris avait déjà été marqué par une polémique similaire, à la suite de tentatives de perturbation du pavillon algérien et d’efforts visant à attribuer certains vêtements traditionnels algériens au patrimoine marocain, selon des exposants algériens.
Parmi les pièces patrimoniales ayant récemment suscité la controverse figure notamment la « blouza de Tlemcen » ou « blouza el manous », un vêtement traditionnel féminin originaire de l’ouest algérien, en particulier de la ville de Tlemcen, et faisant partie de la tenue festive associée aux mariages algériens.
L’Algérie avait réussi en 2012 à inscrire ce vêtement sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, dans le cadre d’un dossier consacré aux coutumes et traditions liées au costume traditionnel tlemcénien.
Par ailleurs, le ministère algérien de la Culture et des Arts avait annoncé l’année dernière, lors de la vingtième session du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel tenue à New Delhi, la confirmation de la reconnaissance internationale du caftan comme élément authentique du patrimoine algérien inscrit à l’UNESCO depuis 2012.
Le ministère a précisé que le comité international avait approuvé à l’unanimité la mise à jour et la validation de la traduction du titre du dossier national relatif au costume traditionnel tlemcénien, avec l’ajout explicite de la mention « port du caftan » en anglais et en français, une démarche considérée par l’Algérie comme une confirmation internationale claire de l’identité algérienne de ce vêtement historique.
Les modifications adoptées incluent également la mise à jour d’un autre dossier relatif aux tenues festives féminines de l’Est algérien élargi, comprenant la gandoura, la melhfa, le caftan et le lhaf, afin de mettre en valeur la diversité du patrimoine culturel algérien et de renforcer sa protection à l’échelle internationale.