L’Algérie trace une feuille de route pour renforcer la gouvernance et la sécurité en Afrique
L’Algérie, à travers sa présidence actuelle du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, a conduit une initiative ayant abouti à la publication d’un communiqué servant de feuille de route pour renforcer l’intégration entre les structures sécuritaires et de gouvernance du continent.
Cette démarche est intervenue lors d’une réunion présidée par l’ambassadeur Mohamed Khaled, représentant permanent de l’Algérie auprès de l’Union africaine, en sa qualité de président du Conseil pour le mois d’août 2025.
La rencontre a mis l’accent sur la nécessité d’une coordination institutionnelle approfondie entre le Conseil de paix et de sécurité, le mécanisme africain de gouvernance ainsi que le sous-comité des droits de l’homme, de la démocratie et de la gouvernance.
Le communiqué final a souligné l’urgence de renforcer les synergies entre ces structures afin d’unifier les efforts africains face aux défis sécuritaires, politiques et économiques actuels, et ce, dans la perspective de la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
Face aux menaces croissantes, notamment les ingérences étrangères et l’exploitation illicite des ressources naturelles africaines, le Conseil a plaidé pour une réponse collective et urgente, par la création d’un mécanisme unifié de gestion des crises et des menaces, garantissant la souveraineté africaine et la protection des intérêts continentaux.
À l’initiative de l’Algérie, le Conseil a également proposé l’élaboration d’une matrice exhaustive regroupant tous les instruments juridiques adoptés par l’Union africaine dans les domaines de la gouvernance, des droits de l’homme et de la paix et sécurité, ainsi qu’une évaluation de leur efficacité et un plan d’action concret.
Par ailleurs, le Conseil, sur proposition algérienne, a exhorté les États membres n’ayant pas encore ratifié les instruments juridiques communs – notamment la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance – à accélérer leur ratification, leur intégration dans les législations nationales et leur mise en œuvre effective.
Le communiqué a également mis en lumière l’importance de soutenir la mise en œuvre du Rapport sur la gouvernance en Afrique, supervisé par le mécanisme africain d’évaluation par les pairs, actuellement présidé par l’Algérie à travers le président Abdelmadjid Tebboune, et ce jusqu’en février 2026.
Ce rapport constitue une référence clé pour évaluer la performance des États africains en matière de bonne gouvernance, de démocratie et de droits humains, et représente un outil essentiel pour mesurer les progrès réalisés et identifier les lacunes.
Enfin, le Conseil a rappelé que le développement durable ne saurait être atteint sans une approche inclusive et centrée sur l’humain, impliquant activement les jeunes, les femmes, la société civile, les médias et les milieux académiques, afin de rapprocher l’Union africaine des peuples africains et de donner une légitimité populaire à ses décisions.