L'Algérie remet sur la table le dossier des essais nucléaires français à l'ONU

L’Algérie remet sur la table le dossier des essais nucléaires français à l’ONU

L’Algérie a été élue vice-présidente de la 11ᵉ Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, tenue au siège des Nations unies à New York du 27 avril au 22 mai 2026.

Il s’agit de la troisième fois que l’Algérie accède au poste de vice-président de cette conférence, après l’avoir déjà présidée à deux reprises.

Traité d’interdiction des armes nucléaires

Le Traité d’interdiction des armes nucléaires est un accord international visant à interdire totalement ces armes, y compris leur développement, leur essai, leur production, leur possession, leur transfert, leur utilisation ou même la menace de leur utilisation.

Adopté par l’Assemblée générale des Nations unies le 7 juillet 2017, il est entré en vigueur le 22 janvier 2021, après sa ratification par 50 États.

Ce traité constitue le premier accord multilatéral appliqué à l’échelle mondiale pour interdire complètement les armes nucléaires. Il est également le premier à inclure des dispositions relatives à l’assistance aux victimes de l’utilisation et des essais de ces armes, ainsi qu’au traitement de leurs conséquences humanitaires.

Il complète les autres accords internationaux pertinents, notamment le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires de 1968, le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires adopté par l’ONU à la fin de 1996, ainsi que les traités régionaux établissant des zones exemptes d’armes nucléaires.

Une page douloureuse de l’histoire nucléaire

Dans son intervention à cette occasion, le représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations unies, l’ambassadeur Amar Bendjama, est revenu sur une page douloureuse de l’histoire nucléaire mondiale.

Il a rappelé que le territoire algérien a été le théâtre de 17 essais nucléaires menés par la France dans les années 1960, précisant que les retombées radioactives du premier essai se sont étendues sur plus de 3000 kilomètres dans toutes les directions.

Selon lui, les séquelles de ces essais restent une plaie ouverte, alors que les populations continuent de souffrir de maladies et de malformations congénitales, et que de vastes zones sont devenues arides et inhabitables.

Il a également indiqué que l’Agence internationale de l’énergie atomique a enregistré des niveaux élevés de radiation persistants dans ces régions.

Dans ce contexte, le représentant algérien a soulevé plusieurs interrogations majeures, notamment sur les raisons pour lesquelles la France n’a pas encore fourni les cartes précises des sites d’essais, qui permettraient d’identifier les emplacements des déchets enfouis.

Il a aussi questionné les obstacles empêchant l’accès aux archives historiques, aux données radiologiques et aux dossiers médicaux nécessaires à la dépollution environnementale et à la protection de la santé publique, s’interrogeant sur la compatibilité de ces blocages avec les droits fondamentaux des populations concernées.

Par ailleurs, il a dénoncé ce qu’il a qualifié de « politique du deux poids, deux mesures » de la France, soulignant qu’elle continue d’ignorer les propositions concrètes de l’Algérie pour la réhabilitation des sites contaminés et de se soustraire à ses responsabilités, malgré ses efforts de démantèlement et de dépollution en Polynésie française.

L’ambassadeur a également soulevé la question de la justification de ces standards différenciés.

Enfin, Amar Bendjama a affirmé que l’adhésion de l’Algérie au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires reflète son engagement en faveur du multilatéralisme et son renoncement volontaire à l’option nucléaire, dans le respect de ses obligations internationales.

Il a ajouté que ce mécanisme repose sur un principe d’engagement mutuel et équilibré : les États non dotés d’armes nucléaires renoncent à leur acquisition, tandis que les États qui en possèdent s’engagent à démanteler leurs arsenaux.

Il a conclu en appelant les participants à faire preuve de franchise, estimant qu’une partie a respecté ses engagements, tandis que l’autre accuse un retard dans la mise en œuvre de ses obligations en matière de désarmement.

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