L’Algérie redonne vie à la cathédrale du Sacré-Cœur et réaffirme son engagement à protéger la pratique des religions
Les travaux de restauration de la cathédrale du Sacré-Cœur à Alger ont débuté ce dimanche.
Le ministre des Affaires religieuses, Youssef Belmehdi, qui a supervisé le lancement de l’opération, a indiqué que cette cathédrale s’inscrit dans l’histoire et le patrimoine de l’Algérie depuis le milieu du XIXᵉ siècle, aux alentours de l’année 1842.
Youssef Belmehdi a affirmé que cette cathédrale préservera la civilisation algérienne, connue pour sa coexistence et sa culture de paix.
Il a ajouté : « Elle adresse un message au monde entier selon lequel l’Algérie, à travers sa Constitution, protège les libertés et la pratique religieuse, et c’est ce que nous constatons aujourd’hui. »
Le ministre a souligné que les hautes autorités du pays veillent à la restauration de la cathédrale et à sa remise en service avec toute sa beauté architecturale et l’éclat qui la caractérise.
Belmehdi a insisté sur le fait que les autorités resteront mobilisées pour respecter les délais de réalisation des travaux, voire les achever avant les échéances fixées.
Il a conclu : « Félicitations à l’Algérie pour chaque empreinte laissée par notre civilisation, témoignage pour les générations. »
Une architecture audacieuse et singulière
Perchée sur les hauteurs d’Alger, la cathédrale du Sacré-Cœur se dresse comme l’un des témoins les plus marquants d’une expérience architecturale audacieuse, rompant avec les codes traditionnels de l’architecture ecclésiale.
L’idée du projet remonte au 11 février 1944, lorsque Mgr Augustin L’Hour décida, en pleine Seconde Guerre mondiale, de faire vœu de construire une grande et belle église à Alger, en signe de reconnaissance pour ce qu’il décrivait comme « la gratitude de l’Algérie et son espoir inébranlable en Dieu ».
Il choisit un terrain historique qui abritait depuis 1842 une école fondée par les « Dames du Sacré-Cœur », fermée au début du XXᵉ siècle. L’église de l’école avait alors été transformée en lieu de dévotion, devenant une base symbolique pour le nouveau projet.
La cathédrale a puisé son inspiration du texte biblique : les architectes Paul Herbé et Jean Le Couteur ont adopté une vision inédite, concevant l’édifice comme une tente, idée empruntée à un passage de l’Évangile.
L’église évoque en effet une tente grâce au voile intérieur, qui semble être soulevé par des colonnes élancées, coupées en forme ovoïde, formant une structure légère au-dessus des fidèles. L’effet visuel devient encore plus dynamique derrière l’autel, où une membrane architecturale souple est maintenue par quatre arcs incurvés.
Sur le plan technique, le bâtiment constitue un exploit architectural : la grande rosace vitrée de la tour culmine à 35 mètres, tandis que la coupole, imposante, repose sur seulement huit colonnes.
Sous ces colonnes se trouvent d’immenses bases en béton en forme de champignons, ancrées sur des pieux de 18 à 20 mètres enfouis dans la couche de grès — une technique inhabituelle pour l’époque, permettant à la structure de se stabiliser sur un terrain irrégulier.
La nef mesure 52 mètres de long et 35 mètres de large, conférant à l’édifice une forte présence visuelle malgré la simplicité de ses façades extérieures.