L’Algérie ouvre la voie au financement extérieur sous des conditions strictes
Un décret publié dans le dernier numéro du Journal officiel fixe les modalités de recours au financement extérieur pour la réalisation de projets d’intérêt national.
L’article premier du décret, daté du 17 février 2026, précise les modalités de recours à ce type de financement, en application des dispositions de l’article 108 de la loi de finances 2020, modifiée par l’article 201 de la loi de finances 2025.
Selon l’article 2, le ministère des Finances est chargé de préparer et de suivre l’ensemble des procédures liées au financement extérieur, notamment le choix des partenaires financiers, le dépôt des demandes de financement, la conduite des négociations et la mobilisation des prêts, en coordination avec les différents ministères et institutions publiques concernés.
L’article 3 stipule que les ministères et organismes concernés par les projets proposés au financement extérieur assument l’entière responsabilité de la maturité de ces projets et de la qualité des études réalisées, ainsi que de leur bonne exécution dans le respect des coûts, des délais et des objectifs fixés.
L’article 4 souligne la nécessité d’obtenir une autorisation préalable du Conseil des ministres, après approbation du projet par les instances compétentes des bailleurs de fonds.
Le décret s’appuie sur plusieurs textes juridiques, notamment la loi organique n°18-15 relative aux lois de finances, la loi n°19-14 portant loi de finances 2020 (notamment son article 108), telle que modifiée par l’article 201 de la loi de finances 2025 (loi n°24-08), ainsi que la loi n°23-07 relative aux règles de la comptabilité publique et de la gestion financière. Il se réfère également au décret présidentiel n°25-241 portant nomination des membres du gouvernement et au décret exécutif n°95-54 fixant les attributions du ministre des Finances.
Ce décret intervient après que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a affirmé précédemment que l’Algérie ne recourra pas à l’endettement extérieur, le qualifiant de « trahison envers les martyrs ».
Le président a toutefois précisé que tout financement extérieur sera envisagé de manière rationnelle et exclusivement orienté vers des projets économiques à forte rentabilité.
Il a également indiqué que l’Algérie pourrait bénéficier de financements extérieurs dans ce cadre, notamment un financement de plus de 3 milliards de dollars de la Banque africaine de développement, destiné au projet d’extension du réseau ferroviaire vers El Meniaa et Ghardaïa, avec une période de remboursement pouvant atteindre 13 ans.
La différence fondamentale réside dans le fait que cette orientation ne signifie pas un recours à des institutions imposant des conditions en contrepartie des prêts, mais repose plutôt sur des mécanismes de financement via des fonds d’investissement et des banques de développement multilatérales, dans lesquelles l’Algérie est actionnaire et déposant. Cela lui permet de bénéficier de financements à des conditions préférentielles et de formules de prêt flexibles et adaptées, loin de toute contrainte susceptible de porter atteinte à la souveraineté économique.