L’Algérie investit un milliard de dollars pour renforcer la sécurité hydrique et agricole dans le nord-ouest
L’Algérie a lancé un projet d’un milliard de dollars pour la construction de stations de dessalement d’eau de mer dans le nord-ouest du pays, ciblant les wilayas de Tlemcen, Mostaganem et Chlef, afin de fournir l’eau nécessaire à l’agriculture dans ces régions.
Lahcène Bada, directeur général de la Société algérienne de dessalement de l’eau, a déclaré à Bloomberg que les stations prévues produiront environ 900 000 mètres cubes par jour. Ce projet s’inscrit dans un plan global de 5,4 milliards de dollars visant à répondre aux besoins des Algériens et à générer des volumes supplémentaires d’eau douce à des coûts réduits pour les secteurs stratégiques, notamment l’agriculture.
Ces stations porteront la part de l’eau dessalée à 60 % des besoins en eau potable d’ici fin 2030, contre 42 % actuellement, après la mise en service depuis 2005 d’environ 19 stations d’une capacité totale de 3,5 millions de mètres cubes par jour.
Des entreprises publiques algériennes liées à Sonatrach et Cosider superviseront la construction de ces installations, qui fonctionneront grâce à l’électricité fournie par Sonelgaz, selon le directeur général. Celui-ci a souligné que l’investissement d’un milliard de dollars constitue « un engagement financier important mais nécessaire, car la sécurité hydrique est devenue une priorité stratégique nationale ».
L’Algérie a connu une forte baisse des précipitations au cours des deux dernières décennies, entraînant une diminution des réserves d’eau destinées à l’agriculture.
Les régions ciblées font partie du grenier agricole du pays et figurent parmi les principales zones productrices de fruits, d’olives et de céréales pour la consommation locale.
Selon les statistiques du ministère de l’Agriculture, l’Algérie dispose de 44 millions d’hectares de terres arables, mais seulement 8,6 millions sont effectivement cultivés, alors que le pays demeure l’un des plus grands importateurs de blé au monde. La récolte céréalière de la saison dernière a atteint 4,1 millions de tonnes, dans le cadre d’un plan ambitieux visant à renforcer la production nationale.
Le secteur agricole contribue à hauteur d’environ 15 % au produit intérieur brut de l’Algérie, estimé à près de 285 milliards de dollars par an, une économie qui repose principalement sur la production de le pétrole et le gaz.