L’Algérie en quête de leadership dans l’industrie arabe du fer et de l’acier
Le ministre de l’Industrie, Sifi Ghrib, a reçu mardi le président du Conseil d’administration de l’Union arabe du fer et de l’acier, Ahmed Abdelaziz Ezz.
Selon un communiqué du ministère, cette rencontre s’inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer la coopération arabe dans les industries métallurgiques et à développer la filière du fer et de l’acier dans le monde arabe.
Une intégration régionale dans le secteur sidérurgique
Les deux parties ont abordé l’importance de l’intégration industrielle arabe, notamment à la lumière des capacités de production et de la disponibilité des matières premières en Algérie.
Ils ont également discuté des mécanismes de renforcement du rôle du secrétariat général de l’Union arabe, basé en Algérie, afin de lui permettre de jouer un rôle accru dans la promotion de la coopération arabe dans ce secteur.
Production de l’acier brut dans la région arabe
La production des pays arabes d’acier brut a enregistré une hausse significative en juin 2025, atteignant un total de 3,337 millions de tonnes, soit une augmentation de 6,3 % par rapport au même mois de l’année 2024, selon les données de l’Association mondiale de l’acier (World Steel).
La région de l’Afrique du Nord a produit 1,28 million de tonnes au cours du même mois, soit une légère hausse de 1,2 % par rapport à l’année précédente. L’Algérie s’est classée deuxième avec une production de 330 000 tonnes, malgré une baisse de 5,7 %.
L’Égypte a pris la tête de la production régionale avec 729 000 tonnes, enregistrant toutefois une baisse de 1,9 %.
Sur la période allant de janvier à juin 2025, la production totale d’acier brut en Afrique du Nord a atteint 8,95 millions de tonnes, soit une hausse de 5,1 %, représentant environ 44 % de la production arabe durant cette période.
Exploitation du gisement de Gara Djebilet pour soutenir la production nationale
Dans le cadre du soutien à l’industrie locale, le gouvernement algérien a lancé de grands projets, notamment l’exploitation du gisement de Gara Djebilet, qui contient 3,5 milliards de tonnes de minerai de fer.
L’exploitation du site a débuté en 2022 avec une capacité initiale de 3 millions de tonnes par an, qui devrait progressivement atteindre 50 millions de tonnes par an à l’horizon 2040.
Réduction des importations et valorisation des ressources minières
Pour rappel, l’Algérie a importé environ 15 millions de tonnes de minerai de fer en 2024, pour un coût estimé à 1,4 milliard de dollars, selon Belkacem Soltani, PDG du groupe Sonarem.
Soltani a souligné que l’Algérie met en œuvre une nouvelle stratégie visant à réduire les importations, à travers la valorisation des ressources minières et le développement de projets de transformation.
Dans ce contexte, la première unité de production de fer brut devrait entrer en service début 2026, selon les déclarations précédentes du directeur général de l’entreprise « Feral », Reda Belhadj.
Les travaux du projet ont démarré dans la wilaya de Tindouf en juillet 2024, dans le but de renforcer la capacité de production locale.
Réhabilitation de l’usine de fer et d’acier de M’sila
Par ailleurs, le ministre de l’Industrie a supervisé, le 19 juin dernier, la réhabilitation de l’usine de fer et d’acier de Draa El Hadja, dans la wilaya de M’sila. Cette unité a été de nouveau confiée à l’Entreprise nationale des fonderies « FONDAL ».
L’usine s’étend sur une superficie de 23,9 hectares et dispose d’une capacité de production de 650 000 tonnes par an, ce qui en fait l’une des plus importantes unités industrielles du pays.
Il convient de noter que l’Union arabe du fer et de l’acier, basée en Algérie, est une organisation arabe spécialisée fondée en 1971.
Elle vise à soutenir et développer l’industrie du fer et de l’acier dans les pays arabes, en coordonnant les efforts, en échangeant les expertises et en renforçant la coopération entre les entreprises industrielles du secteur.