L’Algérie dégage un excédent de blé dur mais poursuit ses importations de blé tendre
Des négociants européens ont indiqué que l’Algérie a conclu un contrat portant sur l’achat de 540 000 à 720 000 tonnes de blé tendre dans le cadre d’un appel d’offres international lancé par l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) et clôturé mercredi. Cette opération vise à assurer l’approvisionnement du marché national pour les prochains mois.
Si l’OAIC n’a pas communiqué le volume définitif de l’achat, comme il est d’usage pour ce type d’opérations, la plupart des estimations publiées mercredi soir faisaient état d’une acquisition d’environ 720 000 tonnes. Des évaluations plus récentes de négociants ont toutefois ramené ce volume à près de 540 000 tonnes, selon l’agence Reuters.
D’après les mêmes sources, les premiers prix négociés se situent entre 289 et 290 dollars la tonne, coût et fret compris (C&F), tandis que certains opérateurs estiment le prix final à 289,5 dollars la tonne.
Le cahier des charges prévoit des livraisons en trois périodes, principalement depuis l’Europe : du 15 au 30 septembre, du 1er au 15 octobre, puis du 16 au 31 octobre.
En cas d’approvisionnement depuis l’Amérique du Sud, l’Inde ou l’Australie, les expéditions devront être effectuées un mois plus tôt afin de respecter les délais de transport maritime.
Les négociants précisent que ces chiffres restent provisoires et pourraient être révisés une fois les détails de la transaction définitivement arrêtés.
Cette opération intervient après le précédent appel d’offres du 17 juin, au cours duquel l’Algérie avait acheté plus de 800 000 tonnes de blé tendre à un prix compris entre 264 et 265 dollars la tonne, coût et fret compris, ce qui traduit une hausse des prix sur le marché international.
Une campagne céréalière exceptionnelle
Cet achat intervient alors que les prévisions annoncent une campagne céréalière 2026 historique en Algérie, avec une production de blé dur et d’orge qui pourrait atteindre son plus haut niveau depuis l’indépendance.
Les estimations tablent sur une récolte de plus de 2,4 millions de tonnes de blé dur, alors que les besoins nationaux sont évalués à 900 000 tonnes. Un excédent d’environ 1,5 million de tonnes pourrait ainsi être dégagé et orienté vers l’exportation.
Le président du Conseil interprofessionnel de la filière des céréales, Abdelghani Ben Ali, attribue cette performance à plusieurs facteurs, notamment les précipitations abondantes, les efforts des agriculteurs ainsi que les mesures de soutien mises en place par l’État, comprenant la mise à disposition de semences, d’engrais, de matériel agricole, des facilités de financement et l’accompagnement assuré par le Fonds de coopération agricole, ainsi que le renforcement du système d’assurance agricole.
Malgré ces résultats encourageants pour le blé dur, le blé tendre demeure fortement dépendant des importations, en raison d’une consommation nationale estimée entre 5 et 7 millions de tonnes par an, a indiqué Abdelghani Ben Ali.
Parallèlement, l’Algérie a réalisé des avancées dans la production locale de semences de blé tendre. Toutefois, l’autosuffisance dans cette filière n’a pas encore été atteinte, ce qui explique le maintien des importations afin d’assurer l’approvisionnement des minoteries et la stabilité du marché.